Brooklyn Follies de Paul Auster

‘I was looking for a good place to die’

On plonge dans ce roman un peu comme on entrerait dans un salon peuplé d’inconnus : au début, on est un peu intimidé , on ne connait rien d’eux, alors on se tait et on écoute.
Petit à petit, à force d’écoute et d’observations, on commence à les connaitre un peu plus, on attend ces conversations un peu comme on attendrait la suite d’un film , on s’attache …

Paul Auster , dans certains de ces romans , me fait beaucoup penser à John Irving dans sa façon de poser son histoire ..
J’y trouve de nombreux points communs :  dans la narration, les personnages, ces petits détails cocasses, le sujet et la façon de l’aborder.

Je fais toujours le lien avec un passage du Monde selon Garp de John Irving ou le personnage principal est en train de vivre une situation plutôt cocace dans sa voiture avec sa maîtressei , mais cela m’avait tiré un grand éclat de rire … jusqu’au moment ou sa voiture se fait emboutir , la maîtresse referme ses dents sur une partie de l’anatomie de ce monsieur pendant que dans l’autre voiture son fils percute le pare brise et en décéde …. J’en étais resté coite …
Et bien Paul Auster peut aussi faire cet effet là et c’est le cas dans Brooklyn Follies , avec peut être l’humanité en plus et le réalisme qui laisse une place heureuse à l’optimisme …

Ici, un divorce, de la folie, un cancer, des rencontres, des surprises…c’est comme sortir en plein centre-ville à une heure de pointe , on zieute les personnages principaux vivrent, on disseque leur histoire et souvent au fil des situations , l’être humain  est brutalement remis au centre de l’Histoire telle une énorme claque…

Paul Auster , avec Martin Scorsese , est l’écrivain qui aura sûrement déclenché chez moi la plus forte envie de parcourir New York , et Brooklyn Follies celle de parcourir Brooklyn… J’adore ce quartier et j’aime m’y balader un samedi ou dimanche matin spécifiquement , à l’heure ou le marché se remplit , ou les mères amènent leurs enfants au parc de Brooklyn Heights , c’est toujours très agréable de parcourir ce quartier à un moment de la semaine ou le temps semble s’y être arrêté … et en même temps on sent bien que la folie est toujours là …. 

Indignez-vous de Stéphane Hessel

Je n’ai lu que très récemment Indignez-vous de Stéphane Hessel, bien longtemps après la tempête médiatique qui a entouré cet essai.
Il se lit très rapidement, en 2/3 heures maximum, le temps d’une soirée, c’est plié.
La méditation et l’analyse , de ce que l’on vient d’ingérer, est peut être un peu plus longue , quoique ..

Ceci dit, même si j’ai trouvé un certain intérêt à ce livre, celui de s’adresser à tous, j’avoue que je me suis posée une question tout au long de ma lecture.
Combien de personnes, ayant vanté les qualités de ces lignes, ou combien d’indignés l’avaient réellement lu car finalement Stéphane Hessel ne fait que rappeler avec panache des évidences : l’importance de la fraternité, la lutte contre les injustices et l’inégalité, l’appel à la conscience individuelle pour lutter contre les fléaux du capitalisme à outrance et l’apathie de notre société … etc.
Des évidences que j’ai en tête et que nous devrions tous avoir en tête sans devoir lire cet essai et je suis bien soulagée de ne pas avoir attendu ces quelques lignes pour m’indigner.

Du coup, je me suis dis que soit les ‘indignés’ et leurs supporters n’avaient pas pris reellement connaissance de cet essai , soit que la société allaient encore plus mal que je ne le pensais car à mes yeux il n’y a que des évidences et des préceptes que je tente chaque jour de mettre en oeuvre dans mon quotidien …
Limite, je me suis sentie vexée que l’on puisse me rappeler de telles vérités… comme à une gamine à qui on fait une leçon de morale. 


Alors , à ceux qui aurait oublié les principes d’humanisme qui doivent régir notre société , Indignez vous est une piqûre de rappel, une tape amicale sur l’épaule de la part d’un vieux briscard qui nous dit que l’indignation est nécessaire comme rempart à l’indifférence et au fatalisme ambiant.
Et une fois cette piqure faite , vous vous rendrez compte que tout le reste n’était que battage médiatique, et en ce sens bien bien loin de ce que Stéphane Hessel a voulu transmette comme message.

Gone Baby Gone de Dennis Lehane

Gone Baby Gone est le quatrième opus des aventures du couple Patrick Kenzie et Angela Gennaro après ‘Un dernier verre avant la guerre’ , ‘Ténèbres prenez moi la main‘ et ‘Sacré’ …et me concernant le 1er que j’ai lu.

Des aventures plutôt sombres il faut bien le dire mais qui m’ont donné envie de remonter le fil du temps avec les 3 premiers tomes. 
Angela est une bouillonnante italienne et Patrick un irlandais roublard.
Amis d’enfance, ils sont tous deux issus des quartiers populaires de Boston, ville ou se déroule l’histoire …
Les disparitions d’enfants sont monnaie courantes aux Etats Unis.
De la fugue à l’enlèvement le plus odieux, tout un panel existe et c’est dans ce contexte que le livre se déroule.
Quand Amanda disparait, c’est Béatrice, la belle sœur de la maman de la petite fille qui prend contact avec le couple de détectives privés.
Hélène, la mère de l’enfant , qui s’avère être une femme dénuée de tout sens maternel, est mêlée au vol d’un butin appartenant à un chef de bande local …
Vengeance ou simple enlèvement, la question se pose très rapidement et les choses prennent une tournure qui va amener les 2 privées à rencontrer des flics qui mènent également l’enquête.
Très rapidement, de part l’histoire et la manière de la conter de Dennis Lehane , on sent que cela ne va pas être une partie de plaisir.
L’enquête hésite, Lehane passe en revue à peu près tous les trucs qu’on ne souhaite pas voir arriver à un enfant…
Mais finalement, le fil conducteur de l’histoire contée par l’auteur n’est pas là ou on l’attends..
Il s’agit plutôt de savoir ce qu’il faut faire face à certaines situations, et se décider entre ce qui est juste et ce qui est légal.
Un dilemme crucial qui se posera à nos 2 protagonistes au bout de leur chemin … 
Si certains passages sont un peu lent, et les références aux précédents romans trop nombreuses pour le lecteur qui, comme moi prend leurs aventures en cours , la manière dont l’auteur narre le récit nous plonge très rapidement dans une ambiance lourde et pesante qui nous tient en haleine jusqu’au bout.. 
Gone Baby Gone est également un excellent film de Ben Affleck mettant en scène son charmant frére Casey Affleck , et Michelle Monaghan.
Comme souvent avec Affleck le réalisateur, la mise en scène est efficace, le film sobre et Boston superbement mise en valeur… 
Pour une fois, j’avais vu le film avant de lire le livre et finalement peu importe …. 
Quatriéme de couverture : Patrick Kenzie et Angela Gennaro, les deux héros de Dennis Lehane, sont chargés de retrouver une petite fille de quatre ans, Amanda, mystérieusement disparue un soir d’automne.
Curieusement, la mère d’Amanda paraît peu concernée par ce qui est arrivé à sa fille, qu’elle avait laissée seule le soir du drame pour aller dans un bar.
Sa vie semble régie par la télévision, l’alcool et la drogue.
Patrick et Angie découvrent d’ailleurs que la jeune femme travaillait pour le compte d’un dénommé Cheddar Olamon et qu’elle aurait détourné les deux cent mille dollars de sa dernière livraison. Olamon se serait-il vengé en kidnappant la fille de son «employée» ?

Cette quatrième aventure de Kenzie et Gennaro distille une petite musique déchirante et se termine par une chute aussi inattendue que bouleversante.




Bloody Miami de Tom Wolfe

Sitôt sorti, sitôt sur ma table de chevet. 

 Comme beaucoup d’entre nous , j’ai découvert Tom Wolfe avec le Bucher des Vanités, j’avais eu un peu de mal à le démarrer mais avait au final beaucoup aimé.  

J’ai ensuite enchainé toutes ses œuvres, romans et essais, sans pause…
Le dernier opus, Moi Charlotte Simons , m’avait enchanté .  

J’avoue un faible pour la littérature américaine, et peut me plonger pendant des semaines dans l’œuvre d’un auteur en particulier ou m’attarder sur une époque… Dos Passos , William Faulkner , Ernest Hemingway lorsque j’étais étudiante ou Paul Auster , John Fante , Charles Bukowski et Jack Kerouac plus récemment.
Je crois bien que mon préféré est Bukowski qui a réussi à me faire pleurer sur certaines pages de son roman auto biographique Souvenir d’un pas grand chose. Et j’en ai encore des larmes dans les yeux quand je me rememore ces lignes…

Bloody Miami , donc, est le dernier opus de Tom Wolfe.

 Comme à chaque fois, j’ai eu du mal à renouer avec cet auteur et à me plonger dans son univers.
Mais assez rapidement, l’addiction émerge à nouveau et quelques heures plus tard, je suis déçue d’en être déjà à la dernière phrase de ce roman qui file à 300 à l’heure.


Tout comme le Bucher des Vanités qui racontait le New York des années 80 et les yuppies, tout comme Moi Charlotte Simmons qui donne une redoutable vision des campus américains et de ses excès, Bloody Miami décrit un tableau sans aucune complaisance du Miami des années 2000.


 600 pages de plongée en apnée dans la vie de cette ville, tête baissée dans son atmosphère sensuelle et violente , un  roman sur les origines ou l’appartenance à une communauté marque un individu beaucoup plus surement que toute autre caractéristique génétique.

Il n’est jamais question d’hémoglobine dans ce livre et pourtant tout se rapporte au sang, au sens de la ligné, de la famille, de la race …

Bloody Miami, c’est l’histoire d’un latino qui vit dans le quartier cubain et qui s’est enrôlé dans la police de la ville ou il mène une carrière exemplaire.
Jusqu’au jour où il doit empêcher un réfugié cubain de poser le pied sur le sol américain.
La manœuvre est spectaculaire et acclamée par les ‘blancs américains’, les WASP,  tandis que les latinos ne retiennent que l’acte de traîtrise perpétré contre un semblable… A ce moment là , sa petite amie Magdalena le quitte et sort avec son patron , un wasp, médecin spécialisé dans la lutte contre la pornographie…

En somme l’histoire d’une minorité ethnique maximale sur Miami qui rêve d’accéder aux statuts privilégiés des whites anglo saxons protestants , moins nombreux sur la ville mais à des postes plus enviables…

Comme pour beaucoup de romans de cet auteur , ce livre est excellent , et à lire,  à condition de passer le cap des 100 premières pages , ne serait ce que pour sa façon d’écrire qui tient en haleine et sous tension et donne l’impression qu’à tout moment il va se passer quelque chose .. .

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Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee

Je suis tombée un peu par hasard sur ce roman que j’avais récupéré dans un troc de livres …
Je ne connaissais ni l’auteur, ni le roman , c’est juste le titre et la photo de la couverture qui m’ont inspiré.
Bilan : un livre magnifique, plein d’émotions et emprunt d’une certaine morale et en s’attaquant à un sujet datant des années 1930, Harper Lee arrive à nous plonger dans des situations presque actuelles
Je ne m’attendais à rien, ne sachant pas grand chose de l’histoire et de l’auteur.
Ce livre traite du passage de l’innocence à l’expérience, un thème cher aux américains.
L’histoire, vue aux travers des yeux d’une enfant, qui ne comprend pas tout, la rend d’autant plus poignante
Ces enfants effrayés par ce qu’ils ne connaissent et ne comprennent pas, vont être témoin d’une injustice qui, malheureusement, reste très moderne et va les propulser dans le monde des adultes et leur faire réaliser que ce n’est pas la différence qui est dangereuse, mais la bêtise et l’ignorance.
Harper Lee décrit parfaitement ce milieu familial , avec tant de justesse qu’on a l’impression que c’est un peu de notre famille qu’elle parle….la vie de quartier cloisonné, un peu tranquille, et en même temps très fragile dans son équilibre…
Notamment lorsque des sujets lourds viennent ébranler les convictions.
L’auteur parvient également à nous parler de la ségrégation, de la violence, du glauque et de la misère.
Sans manichéisme aucun, sans pathos, sans surenchère.
Quelques citations :

 » Il y a des gens qui… qui sont si préoccupés par l’autre monde qu’ils n’ont pas appris à vivre dans celui-ci et tu n’as qu’à descendre dans la rue pour en voir les résultats. »

« La seule chose qui ne doit pas céder à la loi de la majorité, est la conscience de l’individu. »

« Je voulais que tu comprennes quelque chose, que tu voies ce qu’est le vrai courage, au lieu de t’imaginer que c’est un homme avec un fusil à la main. Le courage, c’est de savoir que tu pars battu, mais d’agir quand même sans s’arrêter. »

« Tu ne comprendras jamais personne si tu n’envisages pas les choses de son point de vue Scout, si tu ne te mets pas à sa place, à regarder par sa veranda. »


4éme de couverture : Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout.
Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche.
Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au coeur de la lutte pour les droits civiques , connut un tel succès.
Il ne suffit pas en revanche à comprendre comment ce roman est devenu un livre culte aux Etats-Unis et dans bien d’autres pays.
C’est que, tout en situant son sujet en Alabama à une époque bien précise – les années 1930 -, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance confrontée aux préjugés, au mensonge, à la bigoterie et au mal.
Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique. Couronné par le Prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde entier. 

Dans le jardin de la bête d’Erik Larson

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par le résumé du livre pour bien situer l’histoire de ce roman.
Nous sommes en 1933, Roosevelt est président des Etats-Unis et cherche un nouvel ambassadeur à nommer en Allemagne. Avec la montée du nazisme, il va de refus en refus, jusqu’à que William Dodd, universitaire et chercheur de métier, issu du milieu rural, en mal de reconnaissance et pseudo ami du président accepte le poste.
Modeste et austère, cet universitaire de Chicago qui n’a jamais été diplomate – mais personne ne voulait de ce poste – a peu de goût pour les ors des palais. Il s’installe à Berlin avec sa femme, son fils et sa fille de 24 ans, Martha.
Belle, étonnamment libre pour l’époque, la jeune femme est vite séduite par les dignitaires du parti nazi et leur volonté de redonner au pays un rôle de tout premier plan sur la scène mondiale. Elle devient ainsi la maîtresse de plusieurs d’entre eux, en particulier de Rudolf Diels, premier chef de la Gestapo. 
Très vite alerté des premiers projets de persécutions envers les Juifs, son père essaie de prévenir le département d’État américain et de dénoncer les agissements du Führer.
En vain.

La position de Roosevelt lui-même sur « le problème juif » est ambigüe.
 Lorsque Martha tombe éperdument amoureuse de Boris Winogradov, un espion russe établi à Berlin, celui-ci ne tarde pas à la convaincre d’employer ses charmes et ses talents au profit de l’Union soviétique. Tous les protagonistes du récit vont alors se livrer à un jeu mortel, qui culminera lors de la fameuse « Nuit des longs couteaux ».

Autant le dire de suite, j’ai trouvé ce livre passionnant.
Fini hier soir tard, sur le vif, je livre sa critique ce matin…

Erik Larson dans sa façon d’écrire et livrer son récit arrive très bien à faire toucher du doigt l’atmosphère délétère de Berlin à cette époque

Il  a réussi à récréer la tension grandissante qui prend la capitale allemande pour ne plus la lâcher.
Tout le monde surveille tout le monde, tout en cherchant à plaire aux cadres du Parti, sans savoir s’ils seront encore vivants le lendemain.
Un document sidérant qui se lit vraiment comme un thriller.
J’ai été tellement captivé et surprise par sa lecture que je me suis arrêté plusieurs fois pour vérifier que les événements qu’il dépeint ont réellement eu lieu.

La démarche d’Erik Larson est celle d’un historien méticuleux et consciencieux, celle d’un homme qui passe un long moment à éplucher les ouvrages de référence et à rechercher des documents jusqu’ici inconnus ou inexploités, dormant le plus souvent dans les fonds des plus grandes bibliothèques du monde.
Pour ce dernier opus, il a puisé une grande partie de sa matière première dans les carnets de l’ambassadeur Dodd publiés sous le titre de Ambassador Dodd ‘s Diary par ses enfants Martha et Bill ainsi que les mémoires de Martha publiées sous le titre de Through Embassy Eyes complétées de divers documents personnels, dont des lettres d’amour superbes, de cette dernière qu’elle a léguées à sa mort.
A lire absolument. 

Fifty shades of Grey de E. L. James

C’est pourtant pas mon genre d’être snob sur un phénomène culturel de toute sorte, je suis plutôt bon public   et j’aime les guilty pleasures comme une grosse partie d’entre nous..
Fifty Shades of Grey n’aurait jamais dû arriver dans ma Pile à Lire.
Et pourtant, à force de subir le matraquage médiatique, le dénigrement systématique sur Twitter et de voir le succès indéniable qu’il rencontre, il fallait que je me fasse ma propre idée.
Déjà, on comprend mieux l’objet et le succès de ce livre quand on sait qu’il a été développé à partir d’une fan-fiction écrite pour Twilight, chose que je n’ai découverte qu’après coup, recherchant ce qui avait bien pu provoquer un tel succès.
L’intrigue est basique, classique, une étudiante fauchée qui tombe amoureuse d’un milliardaire super beau , plus âgé qu’elle et qui ne veut pas s’engager dans une relation..
L’héroïne Ana, est une copie de Bella Swan en version étudiante à Portland, jeune, vierge et naïve.
Le personnage masculin, Christian Grey, une sorte d’antéchrist d’Edward Cullen, sa version torturé, sombre et accro au sexe violent…
Leurs personnalités, hélas, se résume à ça.


L’auteur aurait pu développer la personnalité de Christian à partir de ses petites manies de maniaque mais non, elle s’est soigneusement arrêté au 1er tableau, peut être pour préparer les tomes suivants ou visiblement le beau mâle abandonnent ses addictions SM pour les beaux yeux de la belle… tiens donc, comment est ce possible ?
Alors, après, qu’il soit attiré par elle au premier regard, qu’elle aussi, qu’elle prenne son pied 10 fois par jour, et en redemande encore … ouais bof bof.
J’ai d’ailleurs fini par rapidement sauter les pages de sexe qui commençaient à être répétitives , voire ennuyeuses et qui témoignaient d’un manque d’imagination certain…
Si un jour, la vie m’amenait à rencontrer un pseudo Christian Grey, j’espére bien qu’il aura une palette de savoir faire et d’envies un peu plus élargie …

Côté écriture, je ne dirais rien de différent que ce qui a été déjà dit … c’est définitivement mal écrit et également répétitif : il penche la tête sur son épaule, je mordille ma lèvre et il passe la main dans ses cheveux sont des expressions qui reviennent toutes les 2/3 pages…

Conclusion : cette lecture m’aura au moins permis de me faire une idée précise de ce phénomène et économiser de l’argent en évitant d’acheter les tomes suivants. 

Quatriéme de couvertureLorsqu’ Anastasia Steele, étudiante en littérature, est envoyée par sa meilleure amie afin d’interviewer un jeune entrepreneur – Christian Grey – pour le journal du campus, elle découvre un homme attirant, énigmatique et intimidant. Convaincue que leur rencontre se soit mal passée, elle tente de sortir Grey de son esprit, jusqu’à ce qu’elle le retrouve dans le magasin où elle travaille afin de financer ses études. La naïve et innocente Ana est choquée de réaliser qu’elle désire cet homme –, et lorsqu’il lui conseille de garder ses distances, elle n’en a que plus envie de se rapprocher de lui. Incapable de résister à la douce beauté d’Ana, à son esprit et sa nature indépendante, Grey admet la vouloir également… mais selon ses propres termes.
Choquée mais intriguée par les singuliers goûts érotiques de Grey, Ana hésite. Car malgré les apparences de son succès – son entreprise multinationale, sa richesse, sa famille adoptive aimante –, Grey est un homme tourmenté par ses démons et consumé par le besoin de tout contrôler. Quand le couple s’embarque dans une liaison passionnée et audacieuse, Ana découvre peu à peu ses désirs sombres, tout comme la face cachée de Christian Grey, celle que personne n’a encore jamais vue…

Le grand nulle part de James Ellroy

Second volume du Quatuor de Los Angeles (après le Dahlia Noir, et avant L.A Confidential et White Jazz), le Grand Nulle Part est une énorme claque dans la gueule, un de ces livres dont on se remet difficilement et dont on regrette qu’il soit terminé au moment même où on le referme.
On y retrouve quelques protagonistes du Dahlia Noir mais jamais dans les premiers rôles.
Dans ce roman, les héros d’Ellroy sont plus pourris et violent que jamais mais aussi plus charismatiques et porteur d’un destin encore plus sombre.
Difficile de résister aux charmes malsains des ces flics aux méthodes douteuses qui trainent un lourd passé et rêve d’un avenir meilleur.
Ils sont tous d’une justesse incroyable.
Monstrueusement documenté, construit comme un piège à loup qui se referme inéluctablement, ce bouquin est sans doute mon préféré des quatres.
Peut être parce qu’il a été le premier d’Ellroy que j’ai lu.
Le  Los Angeles des années 50, captivant, envoutant ,  prend vie véritablement à travers les lignes et l’on a l’impression de le traverser aux côtés des personnages.
En plein maccarthysme , une intrigue dont la noirceur est à couper au couteau, où les bassesses politiques côtoient les pires perversions sexuelles et où absolument personne n’est innocent.

Malgré son épaisseur, le Grand Nulle Part se lit d’une traite, fiévreusement.
L’écriture d’Ellroy fait mal, elle prend aux tripes et gagne par K.O.

Quatrième de couverture : Le Grand Nulle Part commence la nuit du premier de l’an 1950 et met en scène trois destins parallèles de policiers.
L’inspecteur adjoint Jimmy Upshaw enquête sur une série de meurtres sexuels, avec mutilations. Le lieutenant de la criminelle, Mal Considine, accepte de servir l’ambition d’un aspirant-procureur en participant à un dossier sur l’influence communiste à Hollywood. Buzz Meeks, homme de main, ex-flic des narcotiques et pourvoyeur de chair fraîche pour Howard Hugues, se joint à la lutte contre « la menace rouge » pour l’argent et le pouvoir. Sans le savoir, les trois hommes ont acheté un billet pour l’enfer.

Les 10 premieres lignes : Les orages éclatèrent juste avant minuit, noyant sous leurs averses les coups de klaxons et le tintamarre qui marquaient de leur signal convenu la nouvelle année sur le Strip ; 1950 fit ainsi son entrée à l’annexe du poste de police d’Hollywood Ouest dans une vague de crissement de pneus excités avec, en supplément, l’intervention du fourgon à viande froide.
À 00h03, un carambolage de quatre voitures sur Sunset et la Cienagua eut pour conséquences un peu de tôle froissée et une demi-douzaine de blessés : les adjoints arrivés sur les lieux recueillirent les déclarations des témoins oculaires ; les responsables de l’accident étaient le rigolo dans le De Soto marron et le major de l’armée de terre de Camp Cooke au volant de sa voiture de service, qui faisaient la course, sans les mains, avec chacun sur les genoux un chien coiffé d’un chapeau de couillon (…). 

Zulu de Caryl Ferey


Amateurs de polars bien sombres, plongez-vous dans l’Afrique du Sud qui prépare sa coupe du monde avec Zulu de Caryl Ferey.

Guerre inter ethniques, drogue, violence, religions…
Comment en Afrique du Sud vit-on l’après Apartheid ?
Quelles sont les éléments de son histoire qui ont définitivement marqué le pays ?

En parallèle de l’énigme  policière, il y a une véritable réflexion sociale, politique et ethnique dans Zulu.

L’intérêt de ce roman est donc autant dans l’histoire policière que dans le portrait que dresse l’auteur de l’Afrique du sud et du rappel qu’il fait de son histoire récente.

Zulu se déroule à Cape Town, entre townships, plages paradisiaques, et quartiers huppés.
On y suit trois policiers soudés par une indéfectible amitié, sur  la piste d’un tueur d’une brutalité sauvage.
L’un est d’origine zoulou, et a quitté les ghettos suite au meurtre sauvage de son père et son frère par les milices noires vendues au pouvoir de l’Apartheid ,
L’autre est blanc, et a renié son milieu pour rejoindre l’ANC alors qu’elle était encore clandestine,
Le troisième, le plus jeune, est le seul dont le passé n’est pas marqué par la lutte raciale.

Ce roman trace une esquisse de l’Afrique du Sud qui fait froid dans le dos.
C’est flippant et fascinant à la fois mais cela ne donne pas envie de découvrir le pays si ce n’est à travers les livres de Caryl Ferey.
Un roman noir, certes, mais dépaysant au possible et absolument passionnant à lire.

4° de couverture : Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l’Inkatha, en guerre contre l’ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu’elles lui ont fait… Aujourd’hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l’Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d’Afrique, bat tous les records. Les choses s’enveniment lorsqu’on retrouve la fille d’un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch.
Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l’agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds… Si l’apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l’ombre de la réconciliation nationale…