Les Spellman se déchaînent de Lisa Lutz


J’avais adoré le 1er tome de Lisa Lutz Spellman etAssociés  , mais ce second tome est à mon avis encore meilleur et j’ai retrouvé avec énormément de plaisir la famille la plus déjantée de San Francisco.

Dans ce tome 2, Izzy se retrouve encore empêtrée dans une situation impossible. En effet, elle enchaîne arrestation sur arrestation, car elle se méfie du voisin de ses parents et donc mène son enquête tout en vivant une relation amoureuse avec lui.
Pour ne rien arranger, chacun des membres de la famille Spellman cachent un secret.

L’intrigue est un peu plus travaillée dans ce deuxième volume, mais encore une fois , ce n’est pas à proprement parler un roman policier.
L’intérêt , c’est l’histoire de cette famille de fous et l’évolution des personnages et surtout celui d’Izzy.

Comme dans Spellman Associés , le roman est écrit sous forme de journal, avec des chapitres assez courts pour maintenir le suspens, ce roman se lit avec plaisir car il est plein d’humour mais aussi cruellement juste dans les retranscriptions des relations familiales et intergénérationnelles.
Comme pour le premier opus, les personnages sont tous attachants malgré ou peut être à cause de leurs travers.



Résumé :  Isabel Spellman est de retour chez ses parents. Elle vient de réintégrer sa chambre au dessus du garage d’où elle a une vue imprenable sur le nouveau voisin de la maison d’à côté.
Détective privée, comme toute sa famille d’ailleurs (père, mère et petite sœur à qui l’on n’hésite pas à confier de petites missions), elle ne va pas pouvoir s’empêcher d’observer son voisin « au comportement suspect » et d’enquêter sur lui, pas toujours en toute légalité, ce qui lui vaudra d’être à plusieurs reprises arrêtée par la police pour finir devant le juge. .. Arrivera-t-elle à sauver sa peau et sa carrière ? Telle est la question !

Demande à la poussière de John Fante

Lu alors que j’étais étudiante, je me souviens encore très bien de ce roman et du flot de sentiments qu’il avait généré.
Il m’avait été conseillé par une amie et il fut pour mes 20 ans un livre majeur.
Déjà à l’époque, Charles Bukowski faisait partie de mon univers littéraire.
Il a préfacé ce roman qu’il encense, ce qui chez lui n’est pas habituel.
Cela avait éveillé ma curiosité.

Style épuré et contemporain, il ne tombe pas non plus dans l’argot et la caricature.

Le personnage principal est très émouvant, malgré sa mythomanie et ses manières rustres, il se révèle tel qu’il est avec ses qualités et ses faiblesses  qu’il ne cache pas.
On le compare beaucoup à Bukowski, mais je ne lui trouve pas tant de ressemblances, sauf peut être dans le personnage lui même, antihéros, à vif.
On ne s’ennuie pas un instant, et on arrive pas à en vouloir à Arturo pour ses mauvaises manières et  son orgueil, car il nous ramène à nos propres faiblesses, on a tous en nous quelque chose de Bandini ou de Fante.


« On découvre dans Demande à la poussière une bourrasque littéraire qui conte les aventures d’Arturo Bandini, Rital du Colorado. Dans la lignée de Faulkner, et avant Charles Bukowski ou Jim Harrison, Fante ouvre une piste balayée par les poussières chères à l’Ouest sauvage. Elle se termine sur l’océan Pacifique, après moult détours, cuites et amours sans lendemain. Arturo Bandini, c’est l’alter ego de John Fante, fils de maçon bouillonnant, arpenteur de la dèche, écrivain avant tout. Arturo Bandini, c’est aussi toute l’enfance de l’immigré italien, la misère, l’humiliation de la mère trompée, les raclées du père. Les romans de Fante sentent la chaleur écrasante ou le froid mordant, les routes interminables, les chambres d’hôtel moites et les amoureuses sensuelles. »
Sophie Cachon, Télérama.

Extrait : « J’ai vomi leurs journaux, j’ai lu leur littérature, observé leurs coutumes, mangé leur nourriture, désiré leurs femmes et visité leur musée. Mais je suis pauvre et mon nom se termine par une voyelle, alors ils me haïssent, moi et mon père et le père de mon père, et ils n’aimeraient rien tant que de me faire la peau et m’humilier encore, mais à présent ils sont vieux, en train de crever au soleil et au milieu de la rue, en pleine chaleur, en pleine poussière… »

Les Spellman & Associés de Lisa Lutz

Sitôt fini ce roman en Thaïlande, que j’ai regretté de ne pas avoir amené le second opus pour poursuivre ….
Il conte l’histoire, assez loufoque et délirante d’une famille de détective et leur façon assez particulière d’envisager la vie.

La première partie présente les personnages et leurs caractères et la seconde partie décrit les petites et grandes histoires familiales au travers d’une intrigue policière assez faible mais là n’est pas l’important.
En l’occurrence,  le côté policier est surtout représenté par le métier de détective. Il y a bien quelques disparitions à élucider mais elles interviennent vers la fin et se résolvent de manière assez rapide.
Au final, si vous pensez que vous avez du mal à vous entendre avec  votre famille, c’est que vous ne connaissiez pas les Spellman.

Le ton est vif, tonique , on ne s’ennuie jamais.
Les personnages sont attachants et je suppose que chaque lecteur s’attache à un personnage en particulier…
Mon préféré était Rae même si l’histoire nous est contée par sa sœur aînée Izzy.

Ce livre me fait un peu penser à une soap américaine dans sa construction et sa narration, et même si je ne suis pas vraiment fan de ces mini séries, à lire je trouve cela très agréable.
Je recommande donc , pour une bonne dose de détente , parfait en vacances, sur la plage ou ailleurs. 


Quatrième de couverture :
Qui pourrait résister aux Spellman, la famille la plus sérieusement fêlée de la côte Ouest ? Certainement pas leur fille, Izzy , associée et néanmoins suspecte . Car pour ces détectives nés, rien n’est plus excitant que d’espionner, filer, faire chanter … les autres Spellman de préférence.

Née en 1970, Lisa Lutz rêve de devenir scénariste. Elle entame en 1991 l’écriture d’un script tout en travaillant pour gagner sa vie dans… une agence de détectives. Son scénario aboutira à un film, Plan B sorti en 2001, mais elle est déçue de cette expérience : elle se jure de ne plus jamais travailler pour Hollywood. C’est en 2004 qu’elle entame la rédaction des Spellman et Associés, premier volet d’une série sur une famille de détectives privés . 

Une place à prendre de JK Rowling


Le nouveau roman de JK Rowling est enfin là , quelques années après le tout dernier tome des aventures de notre ami le sorcier à lunettes, Harry Potter

L’histoire démarre par le décès soudain de Barry Fairbrother, un conseiller paroissial de Pagford.
À son annonce , tous les habitants semblent affectés par sa disparition  , et pourtant rapidement on découvre que nombreux sont ceux qui voient dans sa mort une opportunité de reprendre sa place.


Ce roman m’a un peu fait penser à du John Irving , dont je suis une fervente lectrice, dans sa façon de présenter le quotidien et les personnages de manière crue. 
C’est probablement grâce a cela que l’auteur a su les rendre attachants, proches et profondément réalistes. 
Mais Rowling n’a pas réussi à ravir la place qu’Irving tient dans mon univers littéraire. 

Comme pour la saga Harry Potter, l’écriture est fluide , légère , les pages défilent vite. 

Une fois identifié les nombreux personnages , on assiste à une valse de rancune, rancoeurs, violence verbale et physique, désespoir, vengeance, auto-mutilation, haine, prostitution, drogue, pauvreté, mensonges, maltraitance … 
Les maris détestent leurs femmes , les enfants haïssent leurs parents , les rapports humains sont encore violents.
Nous sommes loin de l’univers fantastique et parfois bucolique d’Harry Potter.  
On a l’impression que Rowling a voulu grossir le trait et à mon sens, ces affrontements permanents finissent par rendre l’ensemble assez caricatural …  jusqu’au chaos de la fin. 

Je l’ai lu vite mais sans réelle ferveur . 
L’auteur  a clairement voulu écrire un roman d’adulte et tourner la page , dommage que la façon de faire semble un brin bâclée. 

Quatrième de couverture « Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt.
Sa place est à prendre…
Comédie de moeurs, tragédie teintée d’humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce premier roman pour adultes révèle sous un jour inattendu un écrivain prodige. »

Cette critique a été publiée dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 2012 de Price Minister.
Comme l’énonce le règlement  je dois donc une note à ce roman ( ce que me rébute un peu , je dois bien l’avouer ) , elle sera donc de 13/20. 

Tokyo de Mo Hayder

J’ai mis du temps à entrer dans ce livre, je m’y suis même reprise à plusieurs fois pendant ces 2 dernières années. 

Et pourtant, contre toute attente, j’ai aimé.

Le récit se découpe entre 2 histoires parallèles, celle d’une jeune fille qui débarque dans le Tokyo moderne sans un sou en poche mais avec des questions  et le récit de la guerre de 1937 en Chine. 

Dis comme ça, ça peut paraître inintéressant mais rapidement une ambiance très oppressante va se mettre en place et l’histoire qui va se dérouler sous nos yeux se révélera passionnante et particulièrement angoissante.

Le ton du bouquin est aussi partagé entre mégaglauque et poétique, contemplation et thriller, feuilles de ginko et viande crue.

On sort de là un peu plus sale qu’avant, un peu plus compréhensif envers certains crimes, et avec un peu moins envie de voir Tokyo si la Nurse est dans les parages.

Mo Hayder, est née à Londres en 1962.
Elle quitte sa famille à 16 ans et part au Japon à l’âge de 25 ans. Elle y vit pendant deux ans. Elle se rend ensuite à Los Angeles; et une fois de retour à Londres, elle commence à écrire. Pour cela, elle s’informe longuement et de façon studieuse sur la police et les médecins légistes. Deux ans plus tard, son premier roman, Birdman, est publié. Tokyo est publié quant à lui en 2005. Elle a reçu pour ce roman le Prix SNCF du polar européen et le prix des lectrices du magazine ELLE.

4° de couverture :
Quand Grey débarque à Tokyo sans attaches, argent ni bagages, elle a beaucoup à prouver et encore plus à cacher.
Sa rencontre avec Jason, pour lequel elle éprouve une fascination immédiate, est déterminante : il lui trouve un toit, une maison délabrée vouée à la démolition, et un emploi dans un club à hôtesses très privé.
Ses clients ? Des yakuzas et un étrange infirme accompagné d’une nurse à la silhouette monstrueuse?
Moeurs inavouables, violence, écrasant secret?
Ce nouvel univers est pourtant familier à Grey. Le but de son voyage ?
Retrouver un mystérieux film à l’existence contestée datant de l’invasion de la Chine par les Japonais. Un seul homme pourrait l’aider.
Un survivant du massacre qui refuse de répondre à ses questions 

Les Anges de New York de R.J. Ellory

Les Anges de New York’ de R.J. Ellory nous présente une histoire sombre et complexe, jonglant dans les méandres des souvenirs de Frank Parish, le personnage principal,  et son enquête en cours.
L’enquête est classique, un tueur en série sévit dans la ville et Frank est persuadé d’avoir le coupable sans les preuves qui vont avec.
Il va alors tout mettre en place pour le faire tomber, allant jusqu’aux limites de la légalité et mettant sa carrière déjà fragile en péril

Il ne faut cependant pas s’attendre à lire un polar classique quand on se plonge dans ce policier.  

J.R. Ellory écrit avec une profondeur psychologique , qui donne vie à Frank Parrish ,  et c’est en cela que le livre est le plus intéressant et passionnant.
Ce personnage est si bien construit que les rares fois où l’auteur nous emmène sur les traces d’un autre personnage, ce dernier souffre de la comparaison et au fur et à mesure ou on avance dans la lecture de ce policier, une seule envie nous taraude, que cette histoire ne s’arrête jamais, pas l’histoire policière mais celle de Franck Parrish.
L’atmosphère est réelle et addictive , un peu comme un roman de James Ellroy.

A cela s’ajoute le fait que J.R. Ellory nous relate  à la perfection comment la mafia s’est emparée de New York, bien aidée par certains membres de la police et des agences gouvernementales et comment elle a fait main basse sur tout, jusqu’à ce que le maire de New York fasse le ménage et déclare la guerre au crime organisé.

Résumé : Frank Parish, inspecteur au NYPD, a des difficultés relationnelles. Avec sa femme, avec sa fille, avec sa hiérarchie. C’est un homme perdu, qui n’a jamais vraiment résolu ses problèmes avec son père, mort assassiné en 1992 après avoir été une figure légendaire des Anges de New York, ces flics d’élite qui, dans les années quatre-vingt, ont nettoyé Manhattan de la pègre et des gangs. Alors qu’il vient de perdre son partenaire et qu’il est l’objet d’une enquête des affaires internes, Frank s’obstine, au prix de sa carrière et de son équilibre mental, à creuser une affaire apparemment banale, la mort d’une adolescente. Persuadé que celle-ci a été la victime d’un tueur en série qui sévit dans l’ombre depuis longtemps, il essaie obstinément de trouver un lien entre plusieurs meurtres irrésolus. Mais, ayant perdu la confiance de tous, son entêtement ne fait qu’ajouter à un passif déjà lourd. Contraint de consulter une psychothérapeute, Frank va lui livrer l’histoire de son père et des Anges de New York, une histoire bien différente de la légende communément admise. Mais il y a des secrets qui, pour le bien de tous, gagneraient à rester enterrés.


Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan

Je sais que de nombreux billets ont été écrits sur ce livre et j’arrive, comme souvent, bien tard…Pourtant, je vais quand même publier le mien.
Et même si ma vie fait que j’ai mis des semaines à le lire et à le terminer, j’ai quand même beaucoup aimé.
 
Après No et Moi, j’étais très pressé de retrouver l’univers de Delphine de Vigan.

Comme beaucoup, fortement attirée par la photo de la couverture et ce titre,’ Rien ne s’oppose à la nuit’, emprunté à la mythique chanson Osez Joséphine d’Alain Bashung.

Au début de son livre, l’auteur reconnait humblement qu’il est difficile d’écrire l’histoire de sa famille, de sa mère.
Surtout quand cette dernière s’est donné la mort à 61 ans  et fut retrouvée par sa fille, après cinq jours, dans son appartement.

Difficile de traiter d’un sujet aussi intime, qui soit assez général pour intéresser les lecteurs, assez personnel pour être sincère, assez authentique pour permettre à son auteur de sublimer réellement le choc de cette mort.

Mais nul doute, il s’agit d’un livre bouleversant, qui évoque des failles qui existent chez chacun, plus ou moins …

Oui, chaque famille traine son histoire. Même si bien évidemment elle est beaucoup moins tragique que celle de Delphine de Vigan.
Oui, l’évocation de nombreux souvenirs de famille au fil des chapitres peut ramener à la mémoire de chacun un propre élément de son enfance et troubler.

Oui, en lisant ces pages, on se dit que notre histoire familiale marque toujours de façon plus ou moins indélébile notre vie et cela a un côté particulièrement effrayant quand on y pense.
Et puis, surtout, cela oblige à prendre du recul par rapport à l’histoire que l’on est en train de construire, à celle qui forgera les prochaines années de son enfant.

Voila.
J’ai pris énormément de plaisir à lire ce roman car il est délicat, pudique et respectueux, honnête et digne.
Je tenais à l’exprimer ici , notamment pour ceux et celles qui ne se seraient pas encore décidé à affronter l’histoire de Lucile.