London, portrait of a city

London, portrait of a city Taschen

London, portrait of a city Taschen



Probablement que ma dernière tocade pour Londres n’a pas échappé à mes proches puisque l’un de mes cadeaux de Noël était un sublime album photographique, London Portrait of a city,  publié aux éditions Taschen et rassemblant en quelques 500 pages toutes les facettes qui ont marqué et qui marque encore l’histoire de la ville.Samuel Johnson, auteur de littérature anglaise,  aurait eu cette phrase célèbre: « Quand un homme en a assez de Londres, il en a assez de la vie ».Je n’en suis pas encore là et me rejoue bien à l’avance des prochains séjours dans cette belle ville qui sont programmés en 2014.En attendant, j’ai parcouru avec beaucoup de plaisir cet ouvrage.
De l’inauguration du Tower Bridge en 1894 alors que Londres  est encore le centre névralgique du monde,
En passant par l’atmosphère si particulière que l’on peut observer sur certaines photos et que Dickens a su admirablement transmettre à travers ses ouvrages ,
En imaginant le smog qui apparaît dès 1902 et qui connaîtra son pic en 1952 ,
Ou en se remémorant  l’apparition du mouvement punk que nous avons pû pour beaucoup vivre et qui était particulièrement visible à Trafalgar …
Cela en quelques photos et citations d’auteurs , l’espace d’un moment , on s’évade à nouveau..

Et puis il émane de cet ouvrage une impression familière, comme si l’on connaissait déjà tous ses évènements, tant la culture londonienne se dissémine partout dans le monde … et en même temps, la somme de ce que l’on découvre est impressionnante.

Pour finir,  une citation d’Oscar Wilde, tiré du Portrait de Dorian Gray, un de mes romans fétiches : ‘je sentis que notre Londres maussade, avec ses myriades de gens, ses pécheurs sordides et ses péchés splendides …devait bien avoir quelque chose à me réserver. »
London, portrait of a city Taschen

London, portrait of a city Taschen

London, portrait of a city Taschen

London, portrait of a city Taschen

Photographes : Slim Aarons, Eve Arnold, David Bailey, Cecil Beaton, Bill Brandt, Alvin Langdon Coburn, Anton Corbijn, Terence Donovan, Roger Fenton, Bert Hardy, Evelyn Hofer, Frank Horvat, Tony Ray-Jones, Nadav Kander, Roger Mayne, Linda McCartney, Don McCullin, Norman Parkinson, Martin Parr, Rankin, Lord Snowdon, William Henry Fox Talbot, Juergen Teller, Mario Testino, Wolfgang Tillmans et beaucoup, beaucoup d’autres.

La princesse des glaces de Camilla Läckberg

La princesse des glaces Camilla Läckberg

La princesse des glaces Camilla Läckberg
La princesse des glaces est le premier livre que je lis de Camilla Läckberg. 
J’avoue avoir eu un peu de mal à y entrer dedans, un peu comme tous les romans lu ces derniers mois.
Je ne m’en suis donc pas formalisée…

En fait, j’ai commencé à bien accrocher à partir du moment où l’enquête policière a démarré officiellement dans le roman.
Avant cela, j’étais un peu comme l’héroïne, perdue au milieu de toutes ces personnes qui se croisent dans sa vie , la mort de son amie d’enfance et ses problèmes de familles…

Mais à partir du moment où le récit a commencé à se recentrer sur l’énigme en elle-même, les pages ont défilées nettement plus vite.

L’histoire est plutôt bien construite, développant le mystère au fil des pages et dévoilant les clés de l’intrigue au compte-goutte, de façon à conserver une part de surprise jusqu’à la toute fin.
Les personnages principaux sont sympathiques, leurs relations simples et bien décrites, et les personnages secondaires sont suffisamment développés pour leur donner une consistance dans l’histoire.
Le décor, un petit village en bord de mer, apporte un aspect légèrement intimiste qui ajoute du charme à l’ensemble.

Malgré tout, il manque à ce polar un petit quelque chose pour être à la hauteur des romans policiers contemporains qui m’ont le plus marqué , peut être la Lisbeth Salander de Millenium ou le commandant Adamsberg de Fred Vargas.

Néanmoins, cela ne m’empêchera pas de poursuivre sur Le Prédicateur du même auteur qui visiblement semble du même acabit, voire beaucoup mieux.

4eme de couverture : Erica Falck, écrivain suédoise de trente-cinq ans, retourne dans le village paisible où elle a grandi pour régler la succession de ses parents décédés brutalement.
Lors de son séjour, elle découvre par hasard le corps de son amie d’enfance Alexandra, les poignets tailladés dans sa baignoire, prise dans la glace.
Mêlée à l’enquête presque malgré elle, elle est rapidement convaincue qu’Alexandra ne s’est pas suicidée.
Tout en gérant une situation personnelle compliquée par la perte de ses parents, les retrouvailles avec son passé et une histoire d’amour naissante, Erica tente de percer les mystères de la vie d’Alexandra.
Quel est le lourd secret qui semblait couper son amie du monde extérieur ?
D’où venait sa relation inattendue avec un artiste alcoolique du village ?
Qui était son amant inconnu ?
Et bien sûr: pourquoi a-t-on tué cette jeune femme si parfaite ?

La Garconnière d’Hélène Grémillon

La Garconnière Hélène Grémillon

La Garconnière Hélène Grémillon
En Aout 1987, la femme de Vittorio, un psychiatre argentin,  est retrouvée défenestrée. 
Vittorio, accusé du meurtre, finit par être arrêté.
Bien que clamant son innocence, les inspecteurs de police ne cherchent pas à investiguer beaucoup plus et l’explication semble convenir à tout le monde.

Pourtant, l’une de ses patientes Eva Maria, dont la fille a disparu pendant le règne de la junte militaire, ne croit pas en sa culpabilité.
Elle se lance dans sa propre enquête sur la base des cassettes enregistrées par Vittorio à l’insu de ses patients, pour certaines victimes de la dictature argentine et pour d’autres bourreaux.


Le roman se lit très vite, une fois dedans,  car j’avoue avoir eu du mal à y entrer et ce n’est probablement que parce que c’était le roman choisi dans la cadre des matchs de la Rentrée Littéraire dePrice Minister que j’ai été persévérante.

Mais une fois bien imprégné de l’ambiance, l’histoire se déroule de manière très fluide, de réflexions intimes aux secrets avoués, de renseignements en révélations, on suit Eva Maria dans ce long et nonchalant tango argentin.

Avec curiosité, on écoute les cassettes en même temps que l’enquêtrice, on est passionnés par les échanges vifs et passionnants et l’analyse que l’on peut en faire sur la guerre, la terreur, la maternité, l’infidélité …etc.

Et ce n’est probablement que par cet aspect-là qu’Hélène Grémillon réussit à capter l’attention de ses lecteurs car même si le traitement psychologique des personnages est intéressant, je n’en ai trouvé aucun de vraiment attachant et c’est probablement pour cela que j’ai dû m’accrocher dans les premières pages.
Comme l’année dernière, j’ai eu beaucoup de mal à donner une note, d’une part parce que noter un roman me donne l’impression de le réduire à un chiffre et d’autre part car je trouve cela très subjectif et fonction de chaque personne.

Néanmoins, pour me prêter au jeu et respecter le règlement, je donnerais une note de 14/20 car même si clairement ce roman est à lire, il ne me laissera pas un souvenir inoubliable.


4éme de couverture :  Ce roman est inspiré d’une histoire vraie. Les événements se déroulent en Argentine, à Buenos Aires. Nous sommes en août 1987, c’est l’hiver. Les saisons ne sont pas les mêmes partout. 
Les êtres humains, si.

Au bonheur des Ogres de Daniel Pennac

Au bonheur des Ogres de Daniel Pennac

Au bonheur des Ogres de Daniel Pennac

A l’occasion de la sortie du film Au bonheur des Ogres de Nicolas Bary , j’avais envie de revenir sur le roman éponyme de Daniel Pennac. 

Au Bonheur des Ogres est le premier tome de l’extraordinaire saga Malausséne , un livre dans lequel les enfants comme les adultes peuvent trouver satisfaction. 
Je pense d’ailleurs que je vais même le recommander à ma fille, juste après le Harry Potter qu’elle est en train de terminer..

Un univers différent mais des personnages aussi disjonctés d’un côté que de l’autre et des monstres aussi effrayants.

L’histoire présente une galerie de personnages tous plus savoureux les uns que les autres, qui se promènent dans un décor très maitrisé qu’on arrive tout à fait à s’imaginer , avec en toile de fond une intrigue policière et familiale menée de main de maître faisant vivre au lecteur un grand huit émotionnel, entre tension et humour constant …  
La manière de narrer de l’auteur et sa capacité à orchestrer les intrigues font que l’histoire est toujours à la limite du rocambolesque sans pour autant que la crédibilité du roman en pâtisse, peut-être parce que la voix de Benjamin Malausséne sonne vraie quoi qu’il raconte. 
On s’attache aux personnages, on vibre avec eux , on partage leurs joies et leur désarroi…
Une vraie parenthèse en dehors du quotidien avec pourtant avec en toile de fond notre quotidien mais en plus lyrique, en plus loufoque, en plus poétique … 
Souriez, Daniel Pennac vous fait rêvez !

J’en attends autant du film qui sort le 16 Octobre. 

Au bonheur des Ogres de Daniel Pennac
Extrait :
Les horaires de la vie devraient prévoir un moment, un moment précis de la journée, où l’on pourrait s’apitoyer sur son sort. Un moment spécifique. Un moment qui ne soit occupé ni par le boulot, ni par la bouffe, ni par la digestion, un moment parfaitement libre, une plage déserte où l’on pourrait mesurer pénard l’étendue du désastre. Ces mesures dans l’œil, la journée serait meilleure, l’illusion bannie, le paysage clairement balisé. Mais à penser à notre malheur entre deux coups de fourchette, l’horizon bouché par l’imminente reprise du boulot, on se gourre, on évalue mal, on s’imagine plus mal barré qu’on ne l’est. Quelquefois même, on se suppose heureux !
Quatrième de couverture :
Côté famille, maman s’est tirée une fois de plus en m’abandonnant les mômes, et le Petit s’est mis à rêver d’ogres Noël. 
Côté cœur, tante Julia a été séduite par ma nature de bouc (de bouc émissaire). 
Côté boulot, la première bombe a explosé au rayon des jouets, cinq minutes après mon passage. La deuxième, quinze jours plus tard, au rayon des pulls, sous mes yeux. Comme j’étais là aussi pour l’explosion de la troisième, ils m’ont tous soupçonné. 
Pourquoi moi ? 
Je dois avoir un don…

Pas Raccord de Stephen Chbosky

Pas Raccord de Stephen Chbosky

Pas Raccord de Stephen Chbosky
J’ai vu ‘le Monde de Charlie’ dans l’avion en rentrant d’Inde. 
Malgré mon anglais plutôt bon, je n’avais pas réussi à saisir toutes les subtilités des dialogues et en était restée frustrée et avec l’envie de revoir le film en français. 
Finalement c’est le livre dont le film est adapté que j’ai choisi. 

Au départ, ‘Pas raccord’ ne semble pas bien différent des autres romans à succès pour ados. 
Il suit le parcours d’un adolescent mal dans sa peau, raconté à la 1ère personne,  au travers d’une correspondance avec une tierce personne qui restera inconnue.

C’est au fil des pages que l’on réalise que finalement ce récit n’est pas aussi standard que l’on l’imaginait au départ.

Tout au long de cette année scolaire, on s’aventure avec Charlie dans son plongeon timide dans la vie.
Au lycée, il n’a plus d’amis depuis que son meilleur ami Michael s’est suicidé.
Il fait alors la rencontre de Sam et Patrick, un garçon et une fille qu’il pense être en couple avant qu’il ne découvre qu’ils sont en fait demi-frères et demi-soeurs.
Il tombera immédiatement amoureux de la belle Sam, et intègrera sans ciller que Patrick est gay et fréquente secrètement le quaterback de l’équipe du lycée.
Pris sous leur aile, il ira à l’encontre d’un monde auquel il n’avait jamais été confronté, et si parfois son comportement intrigue ou pose problème, il peut toujours compter sur leur amitié indéfectible pour remonter la pente.

Sortir de son statut d’observateur, pour participer à ce qui l’entoure n’est pas facile, surtout qu’il décide de le faire au moment de l’adolescence. 
On partage ses doutes, ses questionnements sur le sens des gens et de la vie en général.
Cet aspect m’a particulièrement touché dans la mesure où il me correspond.
Il est parfois tellement plus facile de se mettre dans le rôle d’observateur pour se protéger. 

Traitant de sujets graves avec une infinie pudeur, ‘Pas raccord’  est un ‘petit’ roman qui m’a fait un bien fou, dans lequel j’ai pu retrouver sans mal une partie de mon adolescence, de mes doutes de cette époque-là et de mon parcours personnel.
Il y a forcément une facette dans laquelle le lecteur peut se reconnaître un minimum, et c’est ce qui fait la force de l’ouvrage. 
Dévoré en moins de 24h… et ça aussi, cela fait du bien car cela me prouve que j’en suis encore capable ! 

Lettre d’une inconnue de Stéfan Zweig

Lettre d’une inconnue de Stefan Zweig

Lettre d'une inconnue de Stéfan Zweig
Ce texte , très court , qui se dévore en quelques instants, quelques heures au plus, le temps d’un voyage en train me concernant,  est une véritable autopsie d’une passion.
Dans cette petite lettre d’une cinquantaine de pages, encadrée d’une dizaine de lignes au début et à la fin, il est question de la passion d’une femme, pour un écrivain.
De Stefan Zweig, je n’avais lu que Le Joueur d’échec, et je ne ferais aucun classement tant ces deux œuvres, si proches par le talent qui y est déployé,  sont différentes l’une de l’autre.

Mais comme la première fois, j’en ressors estomaquée, estomaquée d’une telle justesse dans l’expression des sentiments, comme si l’auteur sondait parfaitement l’esprit humain dans tout ce qu’il a de plus fou, sublime et pathétique à la fois, et venait nous l’exposer avec une facilité apparente déconcertante

Notre inconnue écrit sa dernière lettre, et elle l’envoie à son bien aimé, à cet homme qui ne sait pas combien elle l’a aimée.
C’est un homme sûr de son charme dont elle fait connaissance à l’âge de 13 ans, qu’elle rencontrera à nouveau quelques années plus tard et avec qui elle partagera quelques nuits de passion amoureuse.

Ce qui fascine dans ce texte, c’est l’extraordinaire crédibilité obtenue par ces mots écrits par un homme se mettant dans l’esprit d’une femme.
On sent l’urgence, le désespoir, la fébrilité et la passion dans chaque phrase
Les dix dernières lignes, hors de la lettre, sont d’une beauté totale, une claque terrible, une conclusion sans espoir.

Extraits :
– « C’est depuis cette seconde que je t’ai aimé. Je sais que les femmes t’ont souvent dit ce mot, à toi leur enfant gâté. Mais crois-moi, personne ne t’a aimé aussi fort – comme une esclave, comme un chien –, avec autant de dévouement que cet être que j’étais alors et que pour toi je suis restée. Rien sur la terre ne ressemble à l’amour inaperçu d’une enfant retirée dans l’ombre ; cet amour est si désintéressé, si humble, si soumis, si attentif et si passionné que jamais il ne pourra être égalé par l’amour, fait de désir, et, malgré tout, exigeant, d’une femme épanouie. »
– «  Daigne, je t’en supplie, ne pas te lasser d’entendre parler de moi un quart d’heure, moi qui, toute une vie, ne me suis pas lassée de t’aimer. »

4ème de couverture :

Un amour total, passionnel, désintéressé, tapi dans l’ombre, n’attendant rien en retour que de pouvoir le confesser. Une blessure vive, la perte d’un enfant, symbole de cet amour que le temps n’a su effacer ni entamer. L’être aimé objet d’une admiration infinie mais lucide. Une déclaration fanatique, fiévreuse, pleine de tendresse et de folie. La voix d’une femme qui se meurt doucement, sans s’apitoyer sur elle-même, tout entière tournée vers celui qu’elle admire plus que tout. La voix d’une femme qui s’est donnée tout entière à un homme, qui jamais ne l’a reconnue.
Avec Lettre d’une inconnue, Stefan Zweig pousse plus loin encore l’analyse du sentiment amoureux et de ses ravages, en nous offrant un cri déchirant d’une profonde humanité. Ici nulle confusion des sentiments : la passion est absolue, sans concession, si pure qu’elle touche au sublime.



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La fille du fossoyeur de Joyce Carol Oates

La fille du fossoyeur de Joyce Carol Oates

La fille du fossoyeur de Joyce Carol Oates

Je n’avais pas lu de livre de Joyce Carol Oates depuis Blonde , biographie romancée et tendre de Marylin Monroe.

J’avais adoré découvrir cette autre histoire de Marylin, plus poétique, plus douce , moins exposée et librement interprétée par l’auteur.

La Fille du fossoyeur est un roman qui trainait depuis plusieurs mois dans ma pile de livres …. 672 pages.
Mais ce n’est pas tant le nombre de pages qui m’effrayait que la noirceur que je percevais dans ce roman.
J’avais lu et relu plusieurs fois le 4° de couverture sans trouver le courage d’entamer ce pavé.

Je m’y suis résolue cet été. 

Les 200 premières pages achevées, j’avais déjà trés envie d’écrire ce billet.
L’histoire de cette fille de fossoyeur, Rebecca,  fuyant un mari abusif et violent pour reprendre le contrôle de sa vie et protéger son enfant, j’avais envie de vous en parler.
Les phrases, les scènes étaient riches en émotions et puissantes, et la dynamique présente.

200 pages plus loin, l’enthousiasme n’était plus forcément là …
Rebecca n’avait toujours pas repris le contrôle de sa vie, hésitait encore et encore entre une nouvelle vie sous la coupe d’un autre homme et gagner définitivement sa liberté.
Du coup, j’ai aussi hésité à poursuivre la lecture redoutant une fin décevante et note positive…

J’ai pourtant poursuivie car je me résigne que très rarement à abandonner un livre en cours de lecture.
La fin se termine abruptement et n’apporte qu’un sentiment de gâchis et d’inachevé comme je le redoutais.

Difficile de recommander ce livre, mais également difficile de ne pas le faire, car, comme tous les livres de cet auteur, il a des qualités indéniables.
La première partie est fabuleuse, dommage que le reste ne suive pas… 


4° de couverture : En 1936, une famille d’émigrants fuyant désespérément l’Allemagne nazie, les Schwart, échoue dans une petite ville du nord de l’état de NY où le père, un ex-professeur de lycée ne se voit offrir qu’un seul job : celui de fossoyeur-gardien de cimetière.

Humiliation, pauvreté, frustrations quotidiennes portent en elles les germes de l’épouvantable tragédie dont Rebecca la benjamine des trois enfants sera le témoin.
Prémices de l’étonnante aventure à multiples rebonds que va devenir très vite la vie de Rebecca, contrainte à une fuite en avant pour échapper entre autres à un mari abusif et dangereux, et protéger son petit garçon ; mais une fuite qui est aussi une quête émouvante née du désir profond, quoique inconscient chez la jeune femme, de retrouver une sorte d’appartenance à ce même cruel passé, de se rattacher en fin de compte à sa véritable identité. Ce que le destin ne lui permettra qu’au terme d’une existence d’intranquillité.

L’apprentissage des hommes, du mariage, de la maternité, le combat d’une femme pour son indépendance dans la société américaine de l’après-guerre font de ce livre le plus magnifique des hymnes à la survie et à la résilience humaine.

L’inconnue de Bangalore d’Anita Nair

L’inconnue de Bangalore d’Anita Nair

L'inconnue de Bangalore d'Anita Nair

À défaut de trouver Compartiment pour dames d’Anita Nair en version iBooks , je me suis rabattue sur le dernier roman de cet auteur , L’inconnue de Bangalore … un thriller à la sauce indienne et mon timing veut que je l’ai dévoré pendant mon séjour dans cette ville.
Je n’ai évidemment pas parcourue les quartiers et le lieux cités mais je pense que cela a ajouté une certaine saveur à ma lecture ….
Ce roman est captivant et entraîne encore une fois dans une Inde aux antipodes des images exotiques que l’on peut contempler dans les brochures touristiques.
Anita Nair brouille les pistes en construisant de courts chapitres qui permettent de basculer d’un personnage à l’autre sans en dire trop et cela permet de maintenir de l’intrigue.
Le personnage de Gowda, inspecteur de police , ours mal léché, intrigue. De la même manière que l’on témoigne du plaisir à suivre cette histoire trépidante, on se plaît à observer cet être écorché vif qui sombre dans l’alcool et se raccroche à son existence à travers ses rapports avec son adjoint et son amour de jeunesse.
À travers l’enquéte , tous les aspects du quotidien indien sont abordés … les castes , les fêtes religieuses , les cinémas porno , les policiers apathiques et/ou corrompus, les mariages arrangés et les eunuques ….
C’est en lisant ce livre que je me suis demandée si j’étais capable d’en distinguer dans la rue et finalement , quelques jours plus tard , dans les rues de Chennai , j’en ai aperçu un groupe … impossible d’y passer à côté tellement ils étaient le centre de l’attention des indiens autour et pour une fois je passais inaperçue …
Bref , un thriller captivant dans une Inde ambiguë…


4ème de couverture : Première nuit du Ramadan à Bangalore, la cosmopolite Silicon Valley de l Inde. Le quartier musulman de Shivaji Nagar brille de mille feux, mais dans une sombre ruelle, un jeune prostitué est attaqué et brulé vif…
D autres meurtres vont bientôt suivre et il semble très vite clair que l on a affaire à un tueur en série. L inspecteur Borei Gowda à la cinquantaine désabusée, n arrive pas à comprendre le lien entre ces morts, mais les témoins évoquent tous une femme d une grande beauté. Une première piste…

Le tigre blanc de Aravind Adiga

Le tigre blanc de Aravind Adiga

Le tigre blanc de Aravind Adiga

Le Tigre blanc d’Aravind Adiga raconte la destinée d’un enfant , de basse caste , promis à un avenir à priori plutôt sombre et pauvre dans son village natal et qui par son opportuniste finira homme d’affaire à Bangalore.

Au travers de cette histoire , une plongée âpre et très ironique dans l’Inde d’aujourd’hui, à cheval entre la course à la modernité et une inertie sociale d’un autre âge …
Encore une fois , ce livre m’a plus ou moins renvoyé à ce que je constate chaque jour depuis mon arrivée dans ce pays … violence des rapports sociaux . place de la femme , mariages arrangés , gaspillages …. Bref, un verrouillage de la société qui profite aux plus nantis et anesthésie l’immense majorité de la population ….

Ainsi , actuellement , le gros souci de la famille qui me loge , est de savoir dans quel collège l’aînée de la famille va faire son entrée le mois prochain… La capacité des collèges gouvernementaux sont loin de couvrir le nombre d’étudiants …de ce fait , les familles , ayant les moyens , inscrivent leurs enfants dans des collèges privés tout en ayant dû auparavant activer les bons leviers au niveau des autorités et des fonctionnaires publics pour obtenir une place dans un collège proche de chez eux et dont les droits d’entrées ne sont pas exorbitants … Et ceux qui n’ont ni les moyens ,ni une place dans un collège public , ni de relations restent sur le bord de la route …

Pour en revenir au livre , le personnage principal , Balram aurait dû devenir un de ces exclus , mais ce qui va le différencier des autres , c’est son esprit malin et vif d’ou son surnom de Tigre Blanc et son absence de scrupules …

Pour dénoncer cette extrême violence de la société indienne et sa corruption institutionnalisée , Aravind Adiga utilise l’ironie et l’humour noir … il fait egalement de son roman une histoire politique puisque tout au long de l’histoire , son personnage s’adresse au 1er ministre chinois en visite à Bangalore.

Que vaut-il mieux pour tirer un pays de la corruption et la pauvreté ? Une parodie de démocratie ou une dictature bien huilée ?

4ème de couverture : Sous la forme d’une lettre à Wen Jiabao, Premier Ministre de la Chine en visite officielle en Inde à Bangalore, un homme recherché par la police déroule son histoire à la première personne du singulier.
Le tigre blanc c’est lui, Balram Halwai, l’enfant le plus intelligent du village mais d’une extraction si misérable qu’il n’a pu terminer ses études secondaires.
Employé dans une de ces innombrables petites échoppes de thé qui essaiment le long des routes du pays, il doit son salut à l’un de ces nouveaux riches qui lui propose de devenir son chauffeur à Delhi.
Et tandis qu’il conduit son maître d’un centre commercial clinquant à un autre, d’un «call center» à un autre, Balram se rend compte des nouvelles immenses richesses et multiples opportunités qui l’entourent et lui rappellent qu’il ne pourra jamais faire partie de cette Inde prospère et rutilante du 21ème siècle, à moins de commettre un crime innommable.
Des villages sordides des berges du Gange au nouvel eldorado sudiste et «high tech» de Bangalore, Le tigre blanc nous raconte la vie et le destin d’un des laissés pour compte du miracle économique indien qui fascine tant l’occident, à travers un conte amoral, cynique, impénitent mais très charismatique, par l’un des représentants les plus talentueux de la jeune littérature indienne.
La confession brutale, choquante et palpitante d’un jeune assassin dans l’Inde du vingt-et-unième siècle; l’envers de la médaille d’une Inde qui brille économiquement.

L’auteurAravind Adiga est né en Inde en 1974. 
Elevé en partie en Australie, il a fait ses études à Columbia et à Oxford. Ex – correspondant du magazine Time, il a aussi écrit pour le Financial Times. Il vit à Bombay.