Brooklyn Follies de Paul Auster

‘I was looking for a good place to die’

On plonge dans ce roman un peu comme on entrerait dans un salon peuplé d’inconnus : au début, on est un peu intimidé , on ne connait rien d’eux, alors on se tait et on écoute.
Petit à petit, à force d’écoute et d’observations, on commence à les connaitre un peu plus, on attend ces conversations un peu comme on attendrait la suite d’un film , on s’attache …

Paul Auster , dans certains de ces romans , me fait beaucoup penser à John Irving dans sa façon de poser son histoire ..
J’y trouve de nombreux points communs :  dans la narration, les personnages, ces petits détails cocasses, le sujet et la façon de l’aborder.

Je fais toujours le lien avec un passage du Monde selon Garp de John Irving ou le personnage principal est en train de vivre une situation plutôt cocace dans sa voiture avec sa maîtressei , mais cela m’avait tiré un grand éclat de rire … jusqu’au moment ou sa voiture se fait emboutir , la maîtresse referme ses dents sur une partie de l’anatomie de ce monsieur pendant que dans l’autre voiture son fils percute le pare brise et en décéde …. J’en étais resté coite …
Et bien Paul Auster peut aussi faire cet effet là et c’est le cas dans Brooklyn Follies , avec peut être l’humanité en plus et le réalisme qui laisse une place heureuse à l’optimisme …

Ici, un divorce, de la folie, un cancer, des rencontres, des surprises…c’est comme sortir en plein centre-ville à une heure de pointe , on zieute les personnages principaux vivrent, on disseque leur histoire et souvent au fil des situations , l’être humain  est brutalement remis au centre de l’Histoire telle une énorme claque…

Paul Auster , avec Martin Scorsese , est l’écrivain qui aura sûrement déclenché chez moi la plus forte envie de parcourir New York , et Brooklyn Follies celle de parcourir Brooklyn… J’adore ce quartier et j’aime m’y balader un samedi ou dimanche matin spécifiquement , à l’heure ou le marché se remplit , ou les mères amènent leurs enfants au parc de Brooklyn Heights , c’est toujours très agréable de parcourir ce quartier à un moment de la semaine ou le temps semble s’y être arrêté … et en même temps on sent bien que la folie est toujours là ….