Demande à la poussière de John Fante

Lu alors que j’étais étudiante, je me souviens encore très bien de ce roman et du flot de sentiments qu’il avait généré.
Il m’avait été conseillé par une amie et il fut pour mes 20 ans un livre majeur.
Déjà à l’époque, Charles Bukowski faisait partie de mon univers littéraire.
Il a préfacé ce roman qu’il encense, ce qui chez lui n’est pas habituel.
Cela avait éveillé ma curiosité.

Style épuré et contemporain, il ne tombe pas non plus dans l’argot et la caricature.

Le personnage principal est très émouvant, malgré sa mythomanie et ses manières rustres, il se révèle tel qu’il est avec ses qualités et ses faiblesses  qu’il ne cache pas.
On le compare beaucoup à Bukowski, mais je ne lui trouve pas tant de ressemblances, sauf peut être dans le personnage lui même, antihéros, à vif.
On ne s’ennuie pas un instant, et on arrive pas à en vouloir à Arturo pour ses mauvaises manières et  son orgueil, car il nous ramène à nos propres faiblesses, on a tous en nous quelque chose de Bandini ou de Fante.


« On découvre dans Demande à la poussière une bourrasque littéraire qui conte les aventures d’Arturo Bandini, Rital du Colorado. Dans la lignée de Faulkner, et avant Charles Bukowski ou Jim Harrison, Fante ouvre une piste balayée par les poussières chères à l’Ouest sauvage. Elle se termine sur l’océan Pacifique, après moult détours, cuites et amours sans lendemain. Arturo Bandini, c’est l’alter ego de John Fante, fils de maçon bouillonnant, arpenteur de la dèche, écrivain avant tout. Arturo Bandini, c’est aussi toute l’enfance de l’immigré italien, la misère, l’humiliation de la mère trompée, les raclées du père. Les romans de Fante sentent la chaleur écrasante ou le froid mordant, les routes interminables, les chambres d’hôtel moites et les amoureuses sensuelles. »
Sophie Cachon, Télérama.

Extrait : « J’ai vomi leurs journaux, j’ai lu leur littérature, observé leurs coutumes, mangé leur nourriture, désiré leurs femmes et visité leur musée. Mais je suis pauvre et mon nom se termine par une voyelle, alors ils me haïssent, moi et mon père et le père de mon père, et ils n’aimeraient rien tant que de me faire la peau et m’humilier encore, mais à présent ils sont vieux, en train de crever au soleil et au milieu de la rue, en pleine chaleur, en pleine poussière… »