Saturday Inspiration

Dans le Tamil Nadu , lors du percement d’oreilles, on fête le Kadhekoutti.
C’est l’occasion pour les parents de commencer à parer leur fille de bijoux afin de pouvoir commencer à constituer peu à peu la dot pour le futur mariage de la fille.


Ainsi, dès son plus jeune âge, la fille indienne est vêtue de soie et de bijoux : elle porte le Pavadai Satai ( corsage ajusté en soie avec jupe longue serrée à la taille) , à la puberté, elle portera le Davani , puis à l’âge adulte le Sari.

La place de la femme en Inde

Quelle est la place de la femme en Inde actuellement ?
Il ne faut pas le nier , il y a un vrai paradoxe.

En Inde, ce sont elles que l’on remarque en premier. Elles sont partout. Leurs costumes colorés (saris, chudidars, penjabis..) animent les paysages, le jasmin dans les cheveux souvent éclairent la grisaille poussiéreuse des villes.
Pourtant , au quotidien , dans les faits divers et dans les fondements de cette société , elle reste une victime idéale.
Dès le départ , l’éducation des filles est différente de celles des garçons ..
La petite fille indienne va être clairement conditionnée dès l’enfance à son rôle futur d’épouse et de mère …
En rentrant de l’école , une fois les devoirs faits , elle va aider sa mère aux tâches ménagères et à la cuisine alors que le garçon ira jouer au cricket avec ses copains.
 J’ai pu le constater en discutant avec les orphelins rencontrés lors de mon premier week-end …

De même , une famille indienne investit visiblement moins dans les études d’une fille que pour celle d’un garçon car l’avenir de leur fille n’est pas de travailler pour subvenir aux besoins d’une famille mais d’assurer le bien-être du foyer familial en étant disponible à son mari et attentive à l’éducation de ses enfants.

Toutefois dans les milieux plus riches, citadins, la jeune femme a plus de chances de faire des études plus longues seulement dans la perspective de réaliser un meilleur mariage , les diplômes étant aujourd’hui une partie de la dot et un des critères de sélection.
Et si elle travaille , une fois mariée , elle arrêtera de travailler pour s’occuper de sa famille et de ses enfants à venir.

Même si le mariage d’amour tend à se développer , la plupart des mariages restent arrangés avec à la clé une dot , qui parfois peut être la cause d’atrocités lorsque la belle famille estime qu’elle n’est pas suffisante , le cas de jeunes filles brûlées ‘par accident’ par leur maris ou leur belle famille n’étant pas isolé …

Pour tout ces aspects , la venue d’une fille dans une famille est encore trop souvent accueillie comme une mauvaise nouvelle , il faudra la doter pour la marier et c’est souvent perçue par ses parents , du point de vue économique, comme un coût négatif.
Je n’aborderais pas ici les cas de viol qui vont en grandissant , j’évite de lire les articles les concernant dans la presse indienne car cela peut devenir rapidement effrayant.

Petite anecdote de la journée d’hier qui n’a rien à voir : après plus de 15 jours de grande chaleur et ciel bleu , Bhuvana , la femme de Samy , me fait remarquer au lunch que l’air est plus frais depuis 2/3 heures ….
‘Rain is coming’ me dit-elle … 

Je reste dubitative … 
1h , plus tard , à l’heure de la sieste , la pluie commence à tomber et dégénère en énorme orage , l’eau , qui tombe drue , envahit les pièces , puis un énorme tonnerre comme il me semble n’en avoir jamais entendu , je fais un bond sur ma chaise …. la foudre est tombée sur un générateur 2 pâtés de maison plus loin , plus d’électricité pour le reste de la journée ..

Et comme ici , on ne fait jamais rien à moitié , la plupart des maisons étaient inondées , nous avons donc passé la fin d l’après midi à éponger et écluser ….

That India ! 

Les fresques murales de Bangalore



Probablement parce que Bangalore se veut une ville moderne , au sens indien du terme , ses murs sont couverts de peintures , certaines sont confectionnées dans l’illégalité ou presque , d’autres ont été carrément commandées par le gouvernement local qui a engagé , en 2010 , 100 artistes locaux pour représenter des scènes historiques , de la vie quotidienne , de la vie en zone rurale ou des divinités …


Évidemment , ces fresques ont été réalisées dans un des quartiers les plus aisés de la ville , celui des consulats, des administrations , des belles résidences et des fonctionnaires de l’etat .

Remarquons au passage , que ces rues sont parmi les plus propres de la ville …
Ce projet dont le budget était plutôt élevé , a soulevé la colère des contribuables …
Evidemment , comment justifier le fait que l’on consacre de telles sommes à du cosmétique alors qu’il y a tant à faire en terme d’infrastructure routière , de sécurisation des quartiers , de services publics … etc.

On ne peut qu’acquiescer, quand on a testé les coupures de courant quotidiennes , les coupures d’eau , les pannes de trains et les trains de banlieue , les détritus par kilo par terre …. etc.

Néanmoins , après presque 3 semaines dans ce pays , je suis à peu près sûre que même sans les fresques murales , ce budget n’aurait pas été alloué à améliorer le quotidien des indiens et tant que les politiques ne seront pas décidés à changer leurs comportements sur ces aspects , peu de chance que le quotidien des indiens reflète les 5% de croissance que les pays pense attendre en 2013 …

Le tigre blanc de Aravind Adiga

Le tigre blanc de Aravind Adiga

Le tigre blanc de Aravind Adiga

Le Tigre blanc d’Aravind Adiga raconte la destinée d’un enfant , de basse caste , promis à un avenir à priori plutôt sombre et pauvre dans son village natal et qui par son opportuniste finira homme d’affaire à Bangalore.

Au travers de cette histoire , une plongée âpre et très ironique dans l’Inde d’aujourd’hui, à cheval entre la course à la modernité et une inertie sociale d’un autre âge …
Encore une fois , ce livre m’a plus ou moins renvoyé à ce que je constate chaque jour depuis mon arrivée dans ce pays … violence des rapports sociaux . place de la femme , mariages arrangés , gaspillages …. Bref, un verrouillage de la société qui profite aux plus nantis et anesthésie l’immense majorité de la population ….

Ainsi , actuellement , le gros souci de la famille qui me loge , est de savoir dans quel collège l’aînée de la famille va faire son entrée le mois prochain… La capacité des collèges gouvernementaux sont loin de couvrir le nombre d’étudiants …de ce fait , les familles , ayant les moyens , inscrivent leurs enfants dans des collèges privés tout en ayant dû auparavant activer les bons leviers au niveau des autorités et des fonctionnaires publics pour obtenir une place dans un collège proche de chez eux et dont les droits d’entrées ne sont pas exorbitants … Et ceux qui n’ont ni les moyens ,ni une place dans un collège public , ni de relations restent sur le bord de la route …

Pour en revenir au livre , le personnage principal , Balram aurait dû devenir un de ces exclus , mais ce qui va le différencier des autres , c’est son esprit malin et vif d’ou son surnom de Tigre Blanc et son absence de scrupules …

Pour dénoncer cette extrême violence de la société indienne et sa corruption institutionnalisée , Aravind Adiga utilise l’ironie et l’humour noir … il fait egalement de son roman une histoire politique puisque tout au long de l’histoire , son personnage s’adresse au 1er ministre chinois en visite à Bangalore.

Que vaut-il mieux pour tirer un pays de la corruption et la pauvreté ? Une parodie de démocratie ou une dictature bien huilée ?

4ème de couverture : Sous la forme d’une lettre à Wen Jiabao, Premier Ministre de la Chine en visite officielle en Inde à Bangalore, un homme recherché par la police déroule son histoire à la première personne du singulier.
Le tigre blanc c’est lui, Balram Halwai, l’enfant le plus intelligent du village mais d’une extraction si misérable qu’il n’a pu terminer ses études secondaires.
Employé dans une de ces innombrables petites échoppes de thé qui essaiment le long des routes du pays, il doit son salut à l’un de ces nouveaux riches qui lui propose de devenir son chauffeur à Delhi.
Et tandis qu’il conduit son maître d’un centre commercial clinquant à un autre, d’un «call center» à un autre, Balram se rend compte des nouvelles immenses richesses et multiples opportunités qui l’entourent et lui rappellent qu’il ne pourra jamais faire partie de cette Inde prospère et rutilante du 21ème siècle, à moins de commettre un crime innommable.
Des villages sordides des berges du Gange au nouvel eldorado sudiste et «high tech» de Bangalore, Le tigre blanc nous raconte la vie et le destin d’un des laissés pour compte du miracle économique indien qui fascine tant l’occident, à travers un conte amoral, cynique, impénitent mais très charismatique, par l’un des représentants les plus talentueux de la jeune littérature indienne.
La confession brutale, choquante et palpitante d’un jeune assassin dans l’Inde du vingt-et-unième siècle; l’envers de la médaille d’une Inde qui brille économiquement.

L’auteurAravind Adiga est né en Inde en 1974. 
Elevé en partie en Australie, il a fait ses études à Columbia et à Oxford. Ex – correspondant du magazine Time, il a aussi écrit pour le Financial Times. Il vit à Bombay.

City Market à Bangalore

City Market à Bangalore

City Market à Bangalore

Je vous vois venir… « Encore un marché ? Et oui, encore un marché … je ne me lasse pas de ce festival d’odeurs, de bruit et de couleurs.
Et puis comment passer à côté des marchés en Inde


Après le palace des 1001 nuits , et la tranquillité de Cubbon Park, je ne me voyais pas quitter Bangalore sans faire un tour au marché local , le City Market , quasiment une section de la ville qui fait office d’immense marché.

Dans ce lieu, il y a de l’atmosphère et du monde à la pelle, entre les stands de fruits et légumes posés à même le sol , les tailleurs installés avec leurs machines au milieu de la rue , on ne sait plus où donner de la tête parmi cette explosion de couleurs et d’odeurs …
Mon coup de coeur : les immenses montagnes de fleurs fraîchement cueillies que les hindous achètent pour offrir aux dieux par ruban de 1 mètres . Il représente à lui seul, 70% du marché floral de l’Inde et est vieux d’un demi millénaire ….

Comme beaucoup de lieux en Inde , on peut rester des heures ,assis dans un petit coin à observer ce spectacle vivant , très impressionnant de par les couleurs , les odeurs fortes et le bruit ambiant …

Le meilleur endroit pour cela est à l’étage ou la vue qui surplombe , me permet de les regarder négocier , trier les fleurs , les ranger , les trier autrement , mêlanger les couleurs , puis à nouveau les distinguer ….

City Market à Bangalore
City Market à Bangalore
City Market à Bangalore
City Market à Bangalore
City Market à Bangalore
City Market à Bangalore

Electronic City aka Bangalore

Electronic City aka Bangalore

Electronic City aka Bangalore

En fin de matinée , après presque 5h de voyage en train dans un wagon climatisé , je débarque à Bangalore pour me retrouver engloutie dans la marée humaine qui arpente la gare. 

Après être restée coincée 5mn à un carrefour avant de pouvoir traverser, après avoir enjambé des excréments humains et divers , après avoir repoussé l’assaut de 120 chauffeurs de rickshaw, j’atteins mon hôtel avec une seule envie , retrouver la clim …

Bangalore est une ville en travaux. 
Ils sont en train de construire un métro, ce qui n’est pas du luxe. La ville s’étend sur pas moins de 741 km2, et la circulation s’avère vraiment problématique. C’est aussi un signe de modernisation de l’Inde, dans une ville qui se veut à la pointe de la technologie.

En effet , Electronic City comme l’appelent les indiens est la capitale technologique de l’Inde.
Une fois rassasiée d’air frais et de calme , je décide d’aller visiter la ville en commençant par Cubbon Park .

Forêts de bambous, familles en pique-nique, enfants qui jouent au cricket, c’est l’endroit idéal pour ralentir son rythme cardiaque après la frénésie de la rue. En plongeant au coeur du parc, on peut même faire une expérience à la fois étrange et apaisante : les klaxons de la ville ne nous remplissent plus les oreilles !

J’enchaîne ensuite sur le palais de la ville , inspiré du Château de Windsor , il a été construit dans le style Tudor pour en roi wodeyar en 1887. Le site est rempli de touristes indiens , ce sont les vacances d’été et la classe moyenne en profite pour aller visiter le pays.
J’essaye de faire quelques photos sans la foule , difficile , très difficile …
Retour à l’hôtel et à la clim , j’en manque tellement durant la semaine que je fais le plein durant ce week-end !

Sur le chemin , je m’arrête prendre un chaï brûlant et quelques samossas de légumes dans une gargote de rue , histoire de me souvenir que l’Inde , c’est aussi doux et sucré , parfois …

Electronic City aka Bangalore
Electronic City aka Bangalore
Electronic City aka Bangalore
Electronic City aka Bangalore
Electronic City aka Bangalore
Electronic City aka Bangalore

Street Art en Inde

Bangalore est appelée par les indiens Electronic City parce qu’un grand nombre de société High Tech et d’informatiques nationales et internationales ont élu domicile dans cette ville d’Inde.

Pourtant , la 1ère chose qui m’a marqué , c’est le nombre de graffitis et d’oeuvres de street art qui couvrent les murs de la ville…

Le style ne correspond évidemment pas totalement à ce que nous avons l’habitude de voir sur nos murs , il est plus emprunt de la culture indienne mais pourtant comme partout dans le monde , Facebook est présent ..

Lassi in street

Les lassis , j’adore , les doux , les salés , à la mangue , à la banane …. et je me souviens en avoir goûté à l’avocat et au chocolat en Indonésie ….

Ici , on en trouve de partout …. y compris dans la rue.
J’ai eu des scrupules à goûter celui ci , n’ayant pas été malade jusqu’à présent.
Peut être en fin de séjour , je m’y risquerais.