The LunchBox de Ritesh Batra

The LunchBox Ritesh Batra

The LunchBox  Ritesh Batra

De l’Inde, j’en garde comme une multitude de tâche indélébile dans mon esprit.
Et régulièrement, mes pensées s’échappent vers ce pays.
Pour avoir vécu l’Inde au quotidien, j’étais très impatiente de découvrir The Lunch box dont l’histoire s’articule autour d’une tradition très présente dans la vie indienne et surtout à Bombay, la livraison par les dabbawallahs , réseau de livreurs , des lunchbox préparées chaque matin pour les indiennes à leurs maris ou enfants.

Une erreur de livraison d’une lunchbox par un dabbawallah est le point de départ du film qui conte l’histoire de 2 solitudes qui se croisent.

Une femme, dont le mari est de plus en plus distant, décide de le séduire à nouveau  en lui cuisinant de savoureux déjeuner sauf que la lunchbox accompagné d’une petite lettre est livrée à un autre… un comptable proche de la retraite, fermé au monde depuis la mort de sa femme, aigri, un peu morose.

 Une relation se noue au fil des repas et les 2 protagonistes évoluent de par leur échanges, ils changent leur mentalité, leur comportement, se remettent en question.
Le tout avec une véritable douceur, ça se suit comme un plaisir gourmand.

Ces deux âmes esseulées vont partager leurs vies par l’écriture puis apprendre à se connaître plus au fil des boites repas échangées entre la cuisine de l’une et le travail de l’autre.
La boite à déjeuner va devenir rapidement leur réseau social à part entière et un moment de la journée qu’ils attendront comme des amants attendent des lettres d’amour.

Les scènes de bureau sont les plus amusantes et représentatives du paradoxe indien, avec leur minutage imperturbable dans un rituel qui ne souffre aucune entorse.
Même regard bienveillant et néanmoins véridique sur la condition de la femme indienne  à la maison dont le seul dialogue est celui qu’elle entretient avec une voisine de l’étage au-dessus, ce qui vaut , là encore , quelques scènes assez drôles..

Au final,
The Lunchbox est une oeuvre d’une pertinence sociale très forte, symbole d’un jeune cinéma indien indépendant qui, tout en développant des problématiques nationales, touche à l’universel. 

The LunchBox  Ritesh Batra

The LunchBox  Ritesh Batra

Pitch : Ila, une jeune femme délaissée par son mari, se met en quatre pour tenter de le reconquérir en lui préparant un savoureux déjeuner.
Elle confie ensuite sa lunchbox au gigantesque service de livraison qui dessert toutes les entreprises de Bombay.
Le soir, Ila attend de son mari des compliments qui ne viennent pas.
En réalité, la Lunchbox a été remise accidentellement à Saajan, un homme solitaire, proche de la retraite. Comprenant qu’une erreur de livraison s’est produite, Ila glisse alors dans la lunchbox un petit mot, dans l’espoir de percer le mystère.

From India, I do love

La façon qu’ont les indiens de dodeliner de la tête pour dire un ‘oui’ qui veut dire peut être ou je ne sais pas , bref un peu tout,
Leur bonne humeur quasi constante quel que soit la situation,
Les émissions et les séries télé indiennes , et bien entendu Bollywood, ses chants et ses scénarios toujours identiques mais ou le gentil triomphe , se marie avec la belle et le méchant va en prison,

Les dosas , et aussi les idlis avec un bon chutney à la noix de coco,
Le chaï tea, ce thé au lait très chaud ou plutôt ce lait au thé puisqu’ils sont confectionnés en mettant de la poudre de thé dans du lait, un peu comme un chocolat au lait …
Les lassis et plus particulièrement ceux à la mangue ,
Les noix de coco que les vendeurs cassent d’abord pour vous faire boire le jus et ensuite découpent pour que vous puissiez manger la chair,

Les publicités pour les crèmes qui rendent la peau plus claire pour les femmes et celles pour les colorants pour cheveux pour les hommes ,
Les fêtes hindous , les pujas , qui sont organisés au moindre prétexte , honorer une divinité , purifier la nourriture …
Manger à l’indienne c’est-à-dire avec les doigts ,
Marcher pieds nus dès que c’est possible , dans la maison évidemment mais aussi dans la rue dès que le terrain le permet ,
Les saris de toutes les couleurs ,
Le jasmin et surtout son odeur que les indiennes mettent presque chaque jour dans leurs cheveux,

Les contrastes de la vie indienne que j’ai appris à intégrer et je crois même à aimer ,
La présence des vaches partout , même s’il m’arrivait bien souvent de m’en méfier mais après plusieurs semaines, j’avais appris à détecter celles qui étaient agressives ,
La fierté des indiens lorsqu’on leur proposait de les photographier,
La spirualité qu’ils mettent dans leurs quotidiens et quelque soit le geste qu’ils effectuent,

..et enfin par-dessus tout le sourire des enfants. 




My own beauty parlour ..d’Inde

My own beauty parlour ..d'Inde

Humainement , les plus beaux moments que j’ai passé en Inde , sont ceux que j’ai partagé avec les indiennes.

Elles apportent énormément de douceurs à ce pays qui peut être rude , entre petits sourires timides , paroles furtives et dodelinements de la tête …
C’est lors d’une après midi passée avec un certain nombre de jeunes filles venues prendre un cours d’esthétique dans un collège de la banlieue de Chennai , que j’ai vécu un de mes plus beau souvenir.

Organisé pendant les vacances d’été , il s’agissait d’un summer camp censé occuper les jeunes indiennes pendant durant cette pause dans les études.
Après avoir constaté la longueur de mes cheveux qui ne permettait pas grands nombres de coiffures , elles m’ont appris diverses coiffures à faire à ma fille , chignons , tresses indiennes , long fishtail … tout y est passé mais je vous avoue que je n’ai absolument pas mis en pratique jusqu’à présent …

Ensuite , petite leçon d’épilation des sourcils mais aussi du duvet des avant bras avec du fil à couture …. Je serais bien incapable de reproduire et c’est bien dommage car j’ai trouvé cette technique très efficace !
Nous avons poursuivi avec un massage et un soin du visage aux senteurs du monoï, certes un brin moins sophistiqué qu’en France.

L’après midi s’est terminé autour d’un traditionnel chaï tea et d’une discussion très féminine autour des produits de beauté que l’on trouvait en France , de leurs prix surtout qui est élevé en Inde pour des marques comme l’Oreal , du nombre de fois ou j’allais chez le coiffeur , chose qu’elles font que très rarement et des parfums français.

Résultat , un petit colis est parti la semaine dernière , rempli d’échantillons et de pleins d’autres petits produits de marques françaises qui , je sais , les raviront …

My own beauty parlour ..d'Inde
My own beauty parlour ..d'Inde

Kochi et les filets chinois

Kochi et les filets chinois


Un des attraits majeurs de Kochi , en Inde sont les filets chinois qui ornent son front de mer.
D’après la légende, ces filets ont été introduits en Inde du Sud par le grand explorateur chinois, Zheng He et envoyés depuis le royaume de l’empereur Kublai Khan.

Ils  sont plongés dans l’eau grâce à un système, plutôt ingénieux, de contrepoids.
La structure des filets est d’environ 10 mètres de hauteur et s’étend sur environ 20 mètres de largeur et en règle générale,  les pécheurs utilisent ces filets pendant la nuit.
Ils les laissent plongés dans l’eau pendant des heures, avec une lampe allumée juste au-dessous pour attirer les poissons.

Au coucher du soleil , on peut y admirer les dégradés d’orange, rouge , rose illuminer la baie avec au premier plan les filets,  et au petit matin on y observe les pécheurs s’activer avec les balanciers et remonter à la surface des butins qui paraissent bien maigres…

Le fruit de la pèche est vendu directement sur les quais. Les poissons sont recouverts d’une sorte de bâche en plastique pour les protéger des mouches … mouches que les pécheurs tentent tant bien que mal de faire fuir à l’aide de tapettes sans se rendre compte parfois qu’ils les écrasent entre la bâche et les poissons.

En fond sonore, Bollywood et sa musique et en toile de fond les belles couleurs du lever du soleil…
Et au terme de la matinée, même si la plage est jonchée de détritus, je recommande de se laisser aller à une petite balade sur le front de mer, une promenade des anglais à la mode indienne. 
Kochi et les filets chinois

Kochi et les filets chinois

Kochi et les filets chinois

Kochi et les filets chinois

Kochi et les filets chinois

Kochi et les filets chinois

Les backwaters du Kerala en Inde

Backwaters du Kerala en Inde


Je ne pensais pas avoir le temps d’aller dans le Kerala et pourtant il s’agit probablement d’une des plus belles régions de l’Inde du Sud , en tout cas celle qui reste dans les mémoires de nombreux touristes …

Et puis ayant mis le turbo sur ce que j’avais à faire pour l’association, ma dernière semaine en Inde a presque entièrement été consacrée au tourisme … 
Le temps de faire le point sur ce qu’il me restait à voir aux alentours de Chennai et un avion plus tard, j’atterrissais à Kochi , direction les backwaters.

 Quand on parle du Kerala, on évoque forcément les backwaters. 
Mais la description est parfois vague, parlant simplement de canaux, de lacs et de rivières, ne donnant qu’une pâle image de la réalité.
Même les guides touristiques n’arrivent pas à rendre compte de la beauté des paysages et de l’atmosphère envoutante de ce lieu, un peu à part du reste de l’Inde, à l’abri du tumulte des villes.

La bande côtière du Kerala s’étend sur environ 700 kms du nord au sud.
Tout le long de la côte, de nombreuses terres se situent à quelques centimètres au-dessus du niveau de la mer et dans certaines régions en dessous.
La nature du terrain, les rivières qui enflent de façon impressionnantes lors de la mousson, l’effet des marées, ont créé de nombreuses ouvertures sur la mer d’Oman, formant des lagons et des marécages.
Plusieurs canaux se terminent à quelques mètres de la plage et ouvrent une brèche une fois l’an, lors de la mousson.

L’âme des backwaters se découvre  en les parcourant sur les houseboats qui permettent de s’enfoncer plus profondément dans le réseau des canaux et d’en apprécier le calme …

Au fil de l’eau , on peut observer la vie de ses longs fleuves , femmes lavant le linge , pêcheurs remontant leurs filets , barque-épicerie , l’eau semble rythmer la vie des locaux , de la cuisine à la douche en passant par les axes de communications.

Les étendues d’eau recouvertes de fleurs aquatiques, lys , lotus , jacinthes , les oiseaux et les échassiers , les maisons bâties sur d’étroites bande de terre donnent à cette région une beauté toute particulière. 

…. et puis si vous avez un peu de chance , au milieu de ces paysages , vous pourrez voir le Titanic doucement sombrer…
Ainsi , va l’Inde. 

Backwaters du Kerala en Inde

Backwaters du Kerala en Inde

Backwaters du Kerala en Inde

Backwaters du Kerala en Inde

Backwaters du Kerala en Inde

Backwaters du Kerala en Inde

Backwaters du Kerala en Inde

Le retour d’Inde

Depuis que je suis rentrée d’Inde, je n’ai pas écrit de billets sur mon retour.
Je suis rentrée, j’ai raconté mon périple à beaucoup de personnes, posé mon appareil photo et oublié les prémices des différents billets que j’avais initié sur la fin du voyage dans un coin de mon ipad.
Pourtant, j’ai encore beaaucoup de choses à raconter , notamment le Kerala qui m’a beaucoup plu ou de conseils à transmettre…

Après mon retour, plus les jours passaient, moins de personnes me posait de questions et j’ai petit à petit, remisé ce voyage dans un petit coin de ma tête, en attendant…
Je crois que comme pour beaucoup de choses dans la vie, il fallait que je fasse mon deuil de cette expérience.

A chaque fois que je racontais comment cela s’était passé, j’avais un peu l’impression de me dédoubler … l’Inde est tellement différente de nos vies, de notre quotidien, surtout quand on le vit de manière aussi impliquée qu’il n’est pas possible de raconter.

C’est un peu comme un monde parallèle, ou un rêve secret … si vous n’y êtes pas dedans, difficile de vous le faire toucher du doigt.

Et pour tout vous dire , mon retour a été assez compliqué , à peine remise du décalage horaire qu’il a fallu que je gère un déménagement en parallèle d’une reprise du travail particulièrement intense intellectuellement parlant , même si mes patrons sont suffisamment compréhensifs pour me laisser un peu de temps mais bon quel gap tout de même.

Souvent, j’ai une petite pointe de nostalgie en pensant aux personnes avec qui j’ai vécu là-bas, à chaque heure de la journée, je sais exactement ce qu’ils font.
La nourriture indienne me manque aussi, je n’ai d’ailleurs pas vraiment d’appétit depuis que je suis rentrée et mes journées finissent immanquablement par un lassi que je récupère en rentrant du boulot au resto thaï à côté de chez moi.

Pourquoi ce billet ?
Car ce week-end, à nouveau, j’ai parlé de mon expérience avec des amis , de manière peut être plus claire et compréhensible.
Je crois que j’ai pris suffisamment de recul pour poursuivre l’aventure au travers de nouveaux billets , me plonger dans les photos et les trier , peut être me faire un bon restaurant indien sans avoir peur d’être déçue … 

J’ai aussi suffisamment de recul pour savoir maintenant que j’ai beaucoup aimé ces 4 semaines , qu’elles ont éclairé ma vie d’une aura spéciale et que ce voyage n’aura pas été vain. 


Saturday Inspiration : les kolams d’Inde

les kolams d’Inde

En marchant dans les rues du Tamil Nadu , j’ai découvert les kolams.
Ce sont des dessins géométriques complexes que les indiens du sud dessinent devant les maisons afin de leur porter chance et prospérité.

Le kolam est souvent refait chaque matin à la craie blanche , après le ménage afin d’emprisonner les mauvais esprits dans ces formes complexes.
Et chaque matin , j’observais la femme de Samy réaliser le sien avec une main experte.

Pour les grandes occasions ou dans les temples , les formes sont encore plus complexes , ils sont colorés et souvent beaucoup plus grands …
J’en ai immortalisé un certain nombre pendant mon séjour et voici les plus beaux …