Le mur et la peur de Gael Turine

3200 km de béton entre l’Inde et le Bangladesh, la barrière géopolitique la plus longue au monde, un autre mur de la honte.
Un mur quasiment inconnu de la plupart d’entre nous.


Erigé depuis 1993 par les autorités indiennes pour limiter l’immigration clandestine et l’infiltration terroriste, ce mur a bouleversé l’équilibre déjà précaire de la région et bien évidemment beaucoup plus celui du Bangladesh.

Les arrestations et cas de tortures autour du mur sont devenus monnaie courante d’autant que les troupes indiennes de la Border Security Force ainsi que, dans une moindre mesure, leur pendant bangladais, la Border Guard Bangladesh , responsables de ces exactions, jouissent d’une impunité totale.

Le nombre d’arrestations, de victimes d’actes de torture et de morts en fait la frontière la plus dangereuse et la plus sanglante du monde et les victimes sont très majoritairement bangladaises.

Pendant près de deux ans et avec une forte détermination, Gaël Turine s’est plongé dans la vie quotidienne des habitants frontaliers.

Fidèle à son approche fondamentalement humaine, c’est à travers des histoires individuelles que le photographe livre un témoignage essentiel.

Le photographe a admis avoir laissé son objectivité dans son boitier : «…à partir du moment où je photographie des victimes, je me positionne, je dénonce … ».
Comme en témoignent les photos, chaque jour, des hommes et des femmes tentent, malgré tout et malgré ce mur, désespérément de franchir la frontière pour aller s’approvisionner en Inde et ramener des produits pour les revendre ensuite au Bangladesh qui est un des pays les plus pauvres au monde.
Quant aux enfants, ils sont recrutés comme passeurs pour quelques euros par jour, au prix de risques énormes.

En allant à la rencontre de proches de victimes, la plupart bangladaises, il a notamment rencontré un père contraint d’assister sans bouger à l’agonie de sa fille de 14 ans qui venait de prendre une balle dans le dos.
Son tort : avoir escaladé le mur pour aller à la rencontre de son futur mari…

Pour avoir touché du bout du doigt le drame du Bangladesh lors de mon séjour en Inde, un des plus pauvres pays au monde et totalement isolé, j’avoue avoir été particuliérement touchée par ce témoignage.

Ce reportage a été récompensé par le prix spécial AFD du meilleur reportage photo (Agence Française de Développement), il fait l’objet d’une publication, dans la collection Photo Poche Société d’Acte Sud, avec le soutien d’Amnesty International.

Il est disponible depuis Aout 2014 pour la modique somme de 13€.
Comme pour les publications de Reporters sans Frontières, je vous engage vivement à l’acquérir. 



De Somerset House à Victoria Miro

Somerset House Victoria Miro

Dans le domaine culturel, Londres apparaît comme une référence de niveau international, quelque soit le type d’art.

 Je vous ai souvent parlé de street art dans ce blog, et notamment des œuvres que l’on peut admirer dans l’East End.
Cette fois, j’ai choisi de vous parler de 2 galeries que j’ai découverte lors de mon dernier séjour, quasiment à l’opposé l’une de l’autre dans Londres , quelques stations de métro et un peu de marche , des styles différents , dans des lieux aux architectures différentes et pourtant chaque espace a suscité en moi des sentiments identiques.

Somerset House est un palace du 18eme siècle dont la cours intérieure, impressionnante, abrite une galerie d’art : la Gallery Courtauld.
Sur plusieurs étages, le musée présente plusieurs œuvres de renommée internationale de peintre aussi connus que Van Gogh, Matisse, Cézanne et Renoir.
J’ai pu surtout admirer de superbes portraits et nus de Modigliani qui me subjuguent toujours par la lucidité et le réalisme que l’on peut y découvrir.

Cette galerie possède également une collection exceptionnelle de dessins et d’estampes, et de magnifiques sculptures et objets d’art décoratif.
Mais, finalement, l’endroit vaut surtout le détour pour ses magnifique salles, son ambiance paisible en plein centre de Londres et sa brasserie de l’autre côté de l’immense cour, sur les bords de la Tamise. 

Quelques stations de métro plus tard, c’est aux abords d’Islingthon que la galerie Victoria Miro présente des œuvres de peintres contemporains.
Victoria Miro est un marchand d’art contemporain qui dédie 6000 m2 à des artistes en vogue de la scène londonienne telles que Peter Doig dont les tableaux peuvent valoir jusqu’à 8 millions d’euros ou William Eggleston dont les photos peuvent atteindre 600 000 euros.
Actuellement, c’est Secundino Hernandez qui expose ses larges peintures abstraites à la galerie d’Islinghton.

Comme pour la galerie Courtauld, l’espace, et notamment la cour extérieure, sont impressionnants et valent le détour. 


Deux lieux à découvrir si votre séjour sur Londres vous en laisse l’opportunité et le temps. 


  •  Galerie Courtauld dans Somerset House
    Strand London
    Horaires d’ouverture :  10 am à 6 pm
  • Victoria Miro
    16 Wharf Road ( 10 minutes à pied de la station de métro d’Old Street )
    Horaires d’ouverture : 
    10 am à 6 pm
Citation du jour :
‘L’espoir est une étrange chose à plume qui se pense dans notre âme,
hante des chansons sans paroles, et ne s’arrête jamais’.
Emily Dickinson

    Princes and Princesses Revival …

    Je surfe assez souvent sur Deviant Art, soit pour trouver l’inspiration, soit pour découvrir de jeunes talents où pour voir si certains artistes déjà repérés ont publié de nouvelles œuvres.

    Récemment, j’ai découvert Ruben, artiste espagnol, qui publie sous le pseudo de Hyung86.
    Il a essayé de s’imaginer à quoi auraient pu ressembler les principaux héros des dessins animés de Walt Disney aujourd’hui….
    Même si cela correspond à la représentation que l’on aurait pu imaginer, je trouve que c’est assez surprenant de les voir en mode jeans, baskets, maillots de bain et surf..

    J’avoue avoir un petit faible pour Kristoff, le sympathique et cool bucheron de laReine des Neiges et Penny de Bernard et Bianca est particulièrement réussie dans ce petit ensemble de collégienne.


    Cet artiste a particuliérement bien réussi à exploiter le caractère de chaque personnage et en il en a extrait l’essentiel pour les adapter à notre société.
    C’était un peu comme si les princes et les princesses de mon enfance intégraient subitemment mon univers.
    Il n’y en a pas un seul que j’aurais imaginé autrement.
    Une belle réussite…

    Et vous, vous craquez pour quel dessin ? 


    L’instant vitaminé du Dimanche matin : Love Illumination de Franz Ferdinand


    Depuis que j’ai découvert la voie ‘so british’ d’Alexander Kapranos , le chanteur des Franz Ferdinand , leurs morceaux font partie des titres phares de ma playlist … le petit dernier Love Illumination ne déroge pas à la régle. 

    Idéal comme reveil matin , pour se lever du bon pied et imaginer que la vie nous appartient !

    Sur ce , bon dimanche ! 

    Et si vous avez quelques secondes , un petit vote pour mon blog au Golden Blog Awards est la bienvenue : 

    http://www.golden-blog-awards.fr/votePlugin.php?blogId=8268


    Les conférences TED

    Les conférences TED

    Les conférences TED

    Il y a quelques semaines de cela, j’ai découvert les conférences TED ( Technology,  Entertainment Design ) , un peu par hasard.
    Je connaissais évidement vaguement le principe mais n’avait jamais réellement pris le temps d’écouter au moins une conférence.

    C’est maintenant chose faite et depuis, ma pause Conf‘ est devenue quasiment une addiction.
    Faire un tour sur le site est une expérience proprement fascinante et hypnotique.
    On dit que la première des limites créatives de l’homme est celle de son imagination et il faut bien dire que certaines personnes ont une imagination débridée …et ça rassure.

    Le formalisme de ces conférences est pour beaucoup dans l’addiction que l’on peut développer.
    Chaque intervenant, une personne considérée comme innovante ou inspirante dans son domaine,  a au maximum 20 minutes pour présenter une idée qui peut changer le monde, et cela en respectant le style TED soit design des présentations, style percutant, simplicité des termes, l’objectif principal étant de jouer sur le registre des émotions.

    La première conférence s’est tenue en Californie en 1984, il y a donc presque 30 ans.
    Des personnes publiques comme Bill Clinton, Bono de U2, Peter Gabriel ou Al Gore sont intervenus au même titre que d’autres génies créatifs qui par leur contribution ont un impact significatif dans leur domaine.

    Pour vous donner un exemple concret, j’ai regardé l’autre jour Jamie Oliver, le cuistot star britannique,  disserter sur son envie de pousser les jeunes et moins jeunes à changer la manière dont ils mangent.
    Un sujet plutôt basique et qui concerne notre quotidien, non ?
    Pourtant Jamie Oliver le rend encore plus passionnant.
    Voyez par vous-même.



    Autre conférence qui m’a particulièrement scotché, celle d’Alexa Meade, peintre, qui parle de son approche plutôt novatrice de son art. 


    Si cela vous intéresse, vous pouvez vous rendre sur le site TED.COM ou télécharger l’appli Iphone ou Ipad et comme moi piocher au hasard et en fonction de l’humeur de la journée…
    A noter que la plupart des conférences sont sous-titrées en français. 

    Ma petite pomme



    Parce que très récemment, une de ses citations, récupérée sur un blog (lequel ? peut être le votre ?) m’a scotché et donné à réfléchir, j’ai décidé de consacré un billet à Steve Jobs …

    Alors tout d’abord, la citation : ‘Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure’ … ou comment recadrer immédiatement sa vision de la vie et se recentrer sur l’essentiel.

    L’histoire d’Apple, je l’ai, comme beaucoup découverte assez récemment et pourtant je suis une inconditionnelle de la 1er heure, la geekette en devenir a très tôt craqué pour l’ipod , puis l’itouch, puis l’ipad …etc.

    La petite pomme est donc née au 2006 Crist Drive à Los Altos en Californie de 2 papas , Steve Jobs  21 ans et programmeur de jeux vidéos chez Atari et Steve Wosniack ingénieur chez Hewlett Packard au début des années 70.
    Le 1er prototype a été construit dans la chambre d’amis de la maison des parents de Jobs et c’est de là qu’est partie la belle aventure.
    Premiers ordinateurs vendus  à 500$ et déménagement à Silicon Valley , le début d’une grande histoire…
    Le nom de l’entreprise est une idée de Jobs qui est dans sa phase « pomme » de son régime et calcule surtout qu’Apple sera dans l’annuaire avant Atari… Voilà à quoi se joue la renommée d’une société ou d’une marque.
    Sachez tout de même que Apple était déjà à l’époque le nom de la compagnie des Beatles , ce qui vaudra à la nouvelle société plusieurs procès pour violation de marque commerciale.  

    En 1986 , pour de sombres histoires de lutte intestines en pleine période de crise du groupe  , Steve Jobs sera écarté de l’entreprise pendant presque 12 ans ,  puis rappelé lors d’un passage à vide de la société en 1997 et à partir de ce moment là , tout le génie créatif du californien s’exprimera : ipod , iphone et évidemment Ipad.

    Steve Jobs, c’est également un personnage plutôt mystérieux et assez contradictoire.
    Abandonné de ses parents biologiques, il refusera de reconnaitre sa fille pendant des années pour finir par le faire sous la pression de ses associés lors de l’introduction en bourse d’Apple.
    Promoteur d’un ordinateur techniquement démocratique et financièrement inabordable, connu pour ses déclarations sur la liberté mais ayant créé le système le plus verrouillé qui soit ….
    Inventeur d’une manière différente de concevoir l’entreprise mais faisant fabriquer ses produits dans des  usines chinoises aux conditions de travail particulièrement inhumaines.

    Pour finir, il  a , lors d’un de ses nombreux discours , dit : «  la mort est notre destin à tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est ainsi que cela doit être, parce que la mort est sans nul doute la meilleure invention de la vie. C’est ce qui la rend si importante. Elle efface l’ancien pour faire place au nouveau. »

    Une belle image qui donne de l’espoir et envie de continuer à avancer quelque soit les obstacles.

    3191 Miles Appart

    Stéphanie et Maria habitent à 3191 miles de distance (soit environ 5135,4167 km ) ;
    Elles se sont rencontrées  sur la toile en 2005 et ont développé une amitié basée sur les mêmes passions.
    En 2007, elles ont lancé leurs premiers projets : une année à poster chaque matin une photo représentative de l’instant présent et publiées sur leur blog sous forme de dyptique.
    L’année suivante, elles ont poursuivi avec une photo chaque soirée.
    Puis elles ont enchaîné par une photo chaque dimanche …

     Le résultat de cette collaboration spontanée, au départ spontanée ,  est  une petite incursion dans leur quotidien respectif, de jolies tranches de vie.
     J’aime vraiment ce concept, et je trouve que ces photos ont un je ne sais quoi d’apaisant.

    Au final , cette collaboration a débouché sur plusieurs livres : A year of mornings , A year of evenings  et un magazine 3191 Quaterly qui est publié 4 fois par an.
    Belle collaboration qui donne de l’espoir ! 

    Le soleil d’Islande

    Je n’ai pas d’obsession particulière pour l’Islande et ce pays n’est pas sur ma liste de lieux à ne pas rater. 
    Et pourtant ….  j’ai juste envie de changer d’avis quand je vois cette vidéo, ci dessous ,  sur le soleil de minuit , ce phénomène naturel autour du Pôle Nord qui se produit chaque mois d’été, ce moment ou  le soleil ne se couche jamais vraiment et reste visible pendant 24 heures.
    Filmé pendant un voyage de 17 jours à la recherche de l’image parfaite ( 38 000 images en tout ) , cette vidéo a été réalisée grâce à la technique du time lapse et surtout grâce à un travail incroyable de Joe Capra.
    Féérique, non ? 


    Et voici le film :