Georges Rousse à la Base sous-marine

A moins que je ne puisse y retourner, il m’arrive rarement de passer plus d’une heure dans un musée ou une galerie, j’admire quelques œuvres que je sélectionne un peu au hasard, en fonction de la foule agglutinée ou pas devant et du coup de foudre, et au bout de cette petite heure , la plupart du temps,  je me réjouis de savoir que j’aurais le luxe de pouvoir revenir quelques jours ou quelques semaines plus tard.

J’ai abordé l’exposition Georges Rousse à la Base sous-marine de cette manière-là, d’autant que la sérénité et la solennité des lieux se prêtent à plusieurs visites.
Le travail de cet artiste consiste à réaliser des œuvres photographiques appelées anamorphoses.

Le principe de l’anamorphose ?
C’est un trompe-l’œil en façade,  en fonction de son point de vue, le spectateur va recomposer des perspectives différentes.
Assurément photographe, Georges Rousse l’est autant que peintre, sculpteur et architecte.

Il utilise l’espace pour créer ses trompes l’œil.
Il joue avec les limites de notre perception : les formes colorées qui se détachent sur ses photographies ne sont pas le résultat de trucages numériques mais bien la reproduction de la vérité.
On se fixe sur une ligne, on la suit, on voit qu’elle démarre au sol, passe sur le mur, se glisse dans un coin, revient devant, va jusqu’au plafond pour redescendre … presque à l’infini.
L’effet est bien là, bluffant.

A partir de ce moment-là, on a envie de prendre son temps pour chacune des oeuvres présentées, la découvrir ligne par ligne, point par point, en détail.

Autre point qui m’a fasciné, c’est l’aspect pédagogique.
La manière dont chaque photo est réalisée et ensuite présentée parle à tout le monde, quel que soit l’âge et l’origine.
Lors de ma seconde visite, j’étais avec ma fille de 10 ans qui a pris autant de plaisir que moi à décoder chacun des photos et des représentations effectuées dans la base sous-marine.

Dans cette exposition et les autres, Georges Rousse met à disposition du spectateur le processus d’élaboration de ses images photographiques, à travers esquisses, dessins préparatoires, carnets de voyages et vidéos, ce qui permet finalement de partager sa rencontre avec les lieux et bien évidemment l’expérience qu’il y vit.
Tel un véritable génie des lieux et un médiateur, l’artiste explique et décortique son art, une belle façon de redonner vie à la base sous-marine…

‘Mes interventions dans l’espace ont toujours eu pour finalité une photographie. Elle contient de façon inséparable mon action et la mémoire du lieu’ 
Georges Rousse

Jusqu’au 14 Décembre à la base sous-marine.