Banksy in Bristol

Banksy Bristol

Chaque nouvelle oeuvre de Banksy est un petit événement en soi, et la dernière qu’il a réalisée dans une école de Bristol, sa ville natale, n’échappe pas à la règle.
Bien avant de graffer le mur de Gaza ou ceux des ambassades londoniennes, de déposer en douce une de ses oeuvres au British Museum, l’artiste s’est exercé dans la paisible cité géorgienne.

La légende veut qu’il s’appelle Robert Banks,ou Robin Gunningham suivant les sources, qu’il est né en 1974 dans cette ville, et qu’il vit aujourd’hui à Londres.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les traces de son passage à Bristol sont tenaces tellement il est aisé de découvrir ses oeuvres.
Sur Park Street, c’est un homme nu que l’on aperçoit sur une facade face à la mairie, cramponné à un rebord de fenêtre, et qui pend dangereusement dans le vide.
Dans l’embrasure, juste au-dessus de lui, une femme en petite tenue essaie de calmer son mari, un mafioso fou furieux.
Tout en bas du mur, à droite, comme sur un tableau, une signature au pochoir : Banksy.
Pourtant, l’oeuvre a été réalisée à la dérobée, de manière illégale et les autorités étaient prête à l’effacer, si les habitants ne s’y étaient pas opposés.

En 2012, pour le jubilée de diamant de la reine Elisabeth, c’est un graffiti au pochoir représentant le visage de la reine zébrée du fameux éclair rouge et bleu créé par David Bowie que l’homme a bombé.
Situé dans un recoin de mur en hauteur sur Maudlin Street, à l’endroit ou un autre de ses pochoirs avait été recouvert de tags, il a réitéré, à la demande de personnes travaillant dans l’immeuble, très attachées à l’oeuvre d’origine, et qui avaient lancé un appel au graffeur pour revenir décorer le mur.

L’année dernière, c’est une oeuvre de Veermer que l’artiste reprend dans une petite impasse plutôt exposée d’Habour Side : La jeune fille à la perle.
Seule différence avec l’original, la jeune fille a troqué sa perle pour un boitier d’alarme.

Dernière oeuvre notable, et la plus ancienne : The Mild Mild West qui se trouve à Stoke Croft dans l’enceinte d’une association d’aide et de proximité.
Dans ce quartier emblématique et en pleine restructuration, haut lieu jadis de la drogue, de l’alcool, des sans-abri et de la violence quotidienne, cette fresque où une escouade de policiers affronte un gigantesque ours en peluche armé d’un cocktail Molotov, prend tout son sens.
Au délà de ces 4 peintures, il est possible d’en voir bien d’autres, plus petites, placées sous verre par la municipalité ou au musée de la ville.

Dans son Guide non officiel du Bristol de Banksy, Steve Wright explique comment la trajectoire de l’artiste, au moins à ses débuts, est indissociable des scènes graffiti et hip-hop des années 80 et 90 de la ville et la naissance du groupe culte Massive Attack.
Bien avant lui, ils mettront en lumière la ville en y important la culture hip-hop nord-américaine, et en invitant une belle brochette de groupes new yorkais et de graffeurs.
C’est dans ce microcosme que le jeune prodigue se met à graffer, inspiré notamment par 3D, un artiste issu de la scéne du graffiti, membre fondateur de Massive Attack.
Par la suite, son impertinence le menera bien au délà de Bristol, il n’en reste pas moins que l’on sent indubitablement son aura planer lorsqu’on se balade dans cette ville qui reste avec le UpFest ( festival street art annuel ) et le projet See No Evil organisé notamment par Inkie un incontournable pour tout amateur de graffiti et street art qui se respecte.

Banksy Bristol

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