Les invisibles par Lee Jeffries

Les invisibles de la rue, ce sont ceux que l’on ne regarde pas, où que l’on ne regarde plus.
Nous en croisons pratiquement tous les jours, leur donnons une pièce et au mieux nous discutons quelques minutes…

Face aux photos de Lee Jeffries, il n’y a pas d’échappatoires, on ne peut pas se soustraire au regard de ces abimés de la vie, à leurs regards qui fixent l’objectif.
C’est une rencontre en 2008 avec une jeune fille sans abri dans les rues de Londres qui va changer radicalement la démarche artistique de l’artiste , photographe autodidacte anglais.

Après avoir volé un cliché, quelque chose l’a poussé à rester et à aller discuter avec elle.
Touché par la personnalité de cette dernière, il décide de placer les SDF au cœur de son art. Il compose alors une série de photos nommée Homeless.

De Londres à New York, de Los Angeles à Rome, il a parcouru quantités d’agglomérations pour aller à la rencontre de ces SDF avec à chaque rencontre, la volonté de créer des liens avec ses modèles afin de pouvoir saisir  l’émotion qui est en eux.

« L’image finale constitue le symbole d’une rencontre, généralement longue de plusieurs heures, mais pas sa raison première. Ce qui m’importe avant tout, c’est d’établir une connexion émotionnelle », explique le photographe.

Les traits sont creusés et les visages abimés par une vie de souffrance.
Toujours en noir et blanc, pour mieux faire ressortir les émotions communiquées par les yeux de ces oubliés de la société.
On subit un electrochoc , on prend leurs regards de plein fouet.

En Mars 2014, avec des clichés de sa dernière série Lost Angels vendus aux enchères, l’artiste a  récolté des milliers de dollars qui ont entièrement été reversés à une association d’aide aux démunis.