Le parfum des vignes

Allongée dans l’herbe , les yeux à demi clos , j’observais le doux ballet des rayons de soleil à travers les branches des arbres.
C’était la fin de l’été , le ciel était bleu, la journée claire , la température douce.

Je fermais définitivement les yeux , m’évadait et comme à mon habitude pour échapper aux soucis et tracas du quotidien, je remontais l’espace temps.
J’étais une jeune fille de 12 ans.
Chaque dimanche,  nous allions rendre visite à mon grand père , dans le Médoc.
Dès notre arrivée , je filais courir dans les rangs de vignes , je m’y perdais et finissais toujours par atterrir pas loin du château du village.

J’humais l ‘air, observait la Garonne au loin et goutais aux raisins quand la saison s ‘y prêtait.
Et puis surtout , les dimanches ou mes chagrins d’adolescente me semblaient trop lourd ,  je m ‘allongeais à même la terre pour la sentir contre ma peau , elle m’apaisait et au bout d’un petit moment , je sentais qu’elle aspirait toutes mes pensées négatives , le trop plein , l incompréhension …

Je repartais ressourcée , apaisée ,sereine. 

Quelques années plus tard, au moment de choisir vers ou mener et promener  ma vie , j’ ai sérieusement pensé à  entreprendre des études d’œnologie….
Et puis, l’histoire familiale lourdement marquée par la dure réalité de la vigne s’est chargée de me décourager. 

J’ai petit à petit oublié la sensation de la terre contre ma peau, l’odeur des vignes mais le raisin est toujours là.
Bordeaux, en plein centre ville, il est possible d’en trouver un peu partout , et plus particuliérement Rue du Faubourg des Arts , aux Chartrons , ou la vigne et le raisin recouvre les murs ravalées de cette superbe rue.