Sfar x Dali , une seconde avant l’eveil // Paris

C’est à Joann Sfar, l’un des conteurs les plus talentueux de la génération actuelle, notamment connu par le grand public pour sa bande dessinée Le Chat du Rabbin et son film Gainsbourg Vie Héroïque, que l’Espace Dali a donné carte blanche pour imaginer le scénario d’une rencontre artistique avec Salvador Dali.

Artiste formé aux Beaux-Arts de Paris, Joann Sfar nous propose un chemin dessiné dans ce qu’il imagine être le cerveau de Dali.
Il encourage la perdition et l’égarement parmi les figures monstrueuses exposées en nous racontant une histoire fantastique. Celle d’un artiste enfermé plusieurs jours dans un manoir avec quatre top-modèles nues, censées reproduire les tableaux les plus célèbres du génie espagnol.
Et ce dans le but de lui redonner vie, lui qui a été cryogénisé.
Un récit en noir et blanc, désossé et pourtant lisible dans le désordre, et favorisant l’errance onirique.

Mettre en perspective les dessins de l’un avec les sculptures de l’autre, c’est un peu comme porter un casque de réalité virtuelle et ce conte dessiné donne une autre dimension aux oeuvres de Dali.
Vous entrez dans une dimension parallèle qui fait oublier le monde extérieur.
L’environnement se précise à mesure que vous lâchez prise.
Dans le monde baroque du peintre, ‘en vase clos’,  on palpe le délire de Sfar.

« Dalí parlait de cryogénie, raconte Sfar. On lui disait « Maître, pourquoi répétez-vous sans cesse que vous allez être cryogénisé ». Et Dalí répondait, je le cite de mémoire, que le jour où l’on annoncerait son décès, il se trouverait toujours un con, au fond d’un bistro, quelque part dans le monde, pour balbutier « Non, il n’est pas mort, il est cry-o-gé-ni-sé ». Le con, c’est moi. Je le crois réincarné dans ses oeuvres, je suis persuadé que rien n’est plus vivant que l’émotion qui vous retourne au moment où vous comprenez enfin une peinture que vous avez sous les yeux depuis toujours. »

Dans un décor enchanté par les objets et sculptures surréalistes de Dali, les créations de Haute Couture de Schiaparelli qui ont inspiré l’artiste peintre, près de 200 dessins originaux sont à découvrir jusqu’au 17 Avril inclus.
Espace Dali // 11 rue Poulbot Paris 18éme.