Lokiss au Pavillon Carré de Baudoin

Lokiss Pavillon Carré Baudoin Entête

De loin, de l’autre côté de la rue, lignes, contours et formes géométriques accrochent le regard.
En se rapprochant, ce sont des portraits qui se superposent, une main qui se tend, un homme qui hurle, et, suivant l’angle, l’oeuvre offre une perspective totalement différente.
Mais au final, l’ensemble semble raconter une même histoire.

La sous couche, couleur argent comme pour figurer une large plaque d’aluminium, fait ressortir les contours déstructurés des visages.
Les lignes et courbes, blanches et rouges, se croisent, composent en partie le cadre, créent le mouvement, rendent le tout vivant.
Arrivant de la Place de la République, où j’avais assisté aux débats de la commission Liberté d’Expression dans le cadre du mouvement Nuit Debout, cette oeuvre a fait plus qu’écho à mes préoccupations du moment et de la journée.

Originaire de la région parisienne, Lokiss a commencé à graffer sur les murs du quartier de La Chapelle et à bomber les trains de banlieue dans les années 80.
Depuis quelques années, l’artiste s’est recentré sur son travail en atelier, notamment sur de grands formats en inox qu’il soude, grave et peint à sa guise.
Il décline et conjugue dans ses créations des installations, vidéos et volumes sculptés qui sortent librement de la toile.
Un cheminement assez différent de ce qu’il produit en exterieur, dans la rue avec tout de même un objectif commun qui est l’interactivité.
Ses inspirations viennent principalement du peintre tchéque Kupka, un des péres fondateurs de l’art abstrait avec bien évidemment Kandinsky, et du peintre et photographe hongrois Moholy-Nagy.

Comme il l’évoque dans le documentaire Ce qu’il reste de nuit’, que Sophie Pujas lui consacre, Lokiss n’aime pas que l’on confonde Street art et Graffiti.
Il reste notamment très attaché à la notion de vandale :  ‘ c’est à dire le graffiti qui se construit dans la transgression. Le graff doit rester à mon sens l’art des vandales »,
L’artiste selon lui n’est ni là pour faire beau, ni là pour être gentil.

Le mur est à découvrir au 120 de la rue Menilmonntant, en remontant vers la rue des Pyrénéens jusqu’au 09 Septembre.
Mis à disposition par Art Azoi, il est réguliérement renouvelé.
Cette association oeuvre pour promouvoir la création artistique dans les lieux publics avec comme objectif la perennisation d’un certain nombre d’espaces avec notamment des murs pérennes (dont celui réalisé en hommage au groupe Manouchian dans le 20éme arrondissement ), ou sur ceux dont la programmation change régulièrement (murs du square Karcher, du Pavillon Carré de Baudoin, WIP Villette, etc.).

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