Au delà de l’eau de Florencia Cairo

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Depuis le 24 Mars, Le Laboratoire BX accueille l’artiste argentine Florencia Cairo pour son exposition en terre bordelaise : Au delà de l’eau.

A la frontière du figuratif et de l’abstrait, ses tableaux jouent avec les reliefs et les dégradés de bleu pour nous livrer des souvenirs de contrées et de paysages, de l’autre côté de l’eau.
C’est l’audace des formes, des couleurs.
C’est la liberté de créer sans contraintes.
On imagine l’immensité du glacier Perito Moreno, les plaines sans fin de la Terre de Feu, ou les chemins arides et désertiques de la Patagonie.

C’est dans son atelier, à Condom, que j’ai pu échanger quelques mots sur son travail aux multiples facettes.

Quelles sont tes inspirations ?
Comme les photographes, j’ai l’impression d’avoir un radar visuel.
Mon regard sur le monde, sur chaque petite particule intéressante reste figé dans ma tête, j’y stocke un tas de données qui s’y mélangent et jaillissent au moment le plus inattendu.
Il y a des tableaux qui répondent à des questions et d’autres qui en inspirent de nouvelles.
Mon background dans l’évènementiel, et ce qu’il peut avoir de complètement démesuré, m’a également beaucoup nourri..

Que ressens-tu lorsque tu crées ?
Peindre n’est pas passif, c’est peu comme une traque, une danse.
C’est un moment d’existence, fait des pulsions… les spatules, les brosses, les bandes se croisent et s’entrecroisent…
C’est toujours assez intense, et en même temps cela m’apporte une certaine sérénité.

Quelles sont tes principaux moteurs ?
J’aime que le spectateur perçoive une certaine dualité dans mes tableaux, et par ricochet dans la personnalité de l’artiste…ni homme, ni femme, ni forte, ni faible, simplement une artiste accomplie. A ce titre, j’ai l’impression de vivre une aventure, dont le fil conducteur est mon art.

Mes peintures n’ont plus vraiment de genre, elles ne laissent pas indifférents, elles interpellent, elles questionnent,  et cela me plait de susciter de tels sentiments.
Cela me donne l’impression de partager ma propre philosophie créative, faite de contrastes, la force face à  la fragilité.

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Florencia Cairo LAboratoire BX

Florencia Cairo LAboratoire BX

Florencia Cairo LAboratoire BX

Cette initiative vise à inscrire l’art contemporain dans le contexte complexe de la préservation des derniers territoires vierges de l’activité humaine.

Comprendre la fragilité du vivant et contribuer à sa préservation. Prendre conscience de l’urgence, et questionner le rôle de l’art comme vecteur, comme fonction sociale, comme sensibilisateur.
Argentine installée en Europe depuis vingt ans, Florencia Cairo a gardé de ses origines la secrète conscience de l’immensité de l’espace et de la lente coulée du temps.

L’eau, source inépuisable de son inspiration, représente pour elle le défi de l’évolution permanente et son compromis personnel avec le futur.

Tel un prisme, Florencia Cairo peut montrer les autres visages méconnus du désert polaire au-delà de l’utopie et de l’état neutre. Elle dévoile une infime part de la magie de ce continent isolé et en péril, l’expérience de la fusion avec le paysage peut interpeller le désir de surmonter l’intimidante omniprésence de la page blanche. L’Antarctique, c’est un bel exemple… et un défi.

Des toiles lumineuses comme des cristaux qui se tassent, se combinent, éclatent et se reconstituent. L’artiste grave des lignes, sculpte ses graffitis dans un ballet de chaos, de création.
La nature s’étend incontrôlable mais inspiratrice, et Florencia Cairo, audacieuse, fait surgir intuitivement l’abstraite beauté dans l’écoulement et le son de sa matière, ouvrant pour nous un nouveau regard sur l’immensité.

Comment saisir la fascination de ce voyage dans les profondeurs de la couleur? Où sont les mots?
Ses blancs et les bleus se cherchent, évoluent, et se transforment à l’instar des glaces.
Florencia Cairo nous invite à franchir le pas pour s’offrir l’instant de répit, pour élucider l’énigme et franchir la limite de l’horizon, pénétrer au-delà de ses toiles dans les contrées lointaines et isolées et atteindre d’un seul regard… l’extrémité du monde.

Le Laboratoire Bx
24 mars – 15 avril 2016
4 bis, rue Buhan
Bordeaux, France

Crédit Photos : Reza Sepehri / Art Daily Fix