Alchema Spectra de David Walker

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Novembre 2011, New York,
Je tombe nez à nez en plein Lower East Side avec un portrait réalisé sur le volet roulant d’une devanture d’épicerie.
Traits fin ou plus épais, coulures s’entrelaçant pour composer au final un visage empreint d’une grande douceur et sérénité.
Bien plus tard, en balade à Londres, j’ai découvert le nom de cet artiste en retrouvant le même portrait dans une palette de couleurs différentes sur la devanture du Bedroom Bar : David Walker.

Entre les deux, Hannah, son modèle avait fait le tour du monde et de nombreuses expositions jusqu’à son dernier solo show à la galerie Mathgoth, où il expose 15 toiles, et où on la retrouve sur 3 d’entre elles.
David Walker ne peint que des portraits, essentiellement de femmes, des portraits vivants, colorés, qui inspirent la joie.
Qui sont ces femmes ?
Certaines sont des inconnues qui croisent son chemin le temps d’un shooting où il fera souvent plus d’une centaine de clichés pour trouver les 2/3 qui l’inspireront.
Avec d’autres, il aura parcouru un chemin un peu plus long.
L’important au final, c’est ce que chacune lui inspireront.

Peignant essentiellement à main levée et à la bombe, il a développé un style bien particulier combinant superposition des couches, lignes gribouillés et des zones totalement abstraites.
Au final, même si ce sont des portraits particulièrement réalistes que l’on a sous nos yeux, l’on devine au delà la sensibilité de l’artiste pour l’abstraction et le graffiti.
Côté couleurs, à part le mur réalisé fin 2014 à Londres avec Jim Vision où il est revenu au noir et blanc de ses débuts, David Walker semble essayer toutes les couleurs et tous les mélanges.
A force de petits mélanges et de larges trainées, des alliances de couleurs, inimaginables au départ, se fondent sur ses toiles pour les sublimer.
Un style qu’il ne cesse de perfectionner et remettre en question depuis ses débuts, au point de s’imposer des contraintes du type : aucune brosse, couleurs après couleurs, un minimum de sorte de cap où encore un timing imposé.

Dans ce dernier solo show à la galerie Mathgoth, j’ai été particuliérement impressionnée par la manière dont il a utilisé les coulures pour donner du mouvement à l’ensemble.
A noter également qu’il y présente 2 tableaux en noir et blanc, dont un portrait d’homme.

Né en 1976 à Londres, il débute le graffiti en 2008 sur les murs de sa ville, puis en atelier.
Dans un 1er temps, il réalisera principalement des œuvres en noir et blanc, avec quelques touches de couleurs.
C’est à partir de 2010 qu’il élargira sa palette pour donner notamment plus de réalisme aux visages.
Membre fondateur du Scrawl Collective avec Nick Walker, autre artiste londonien avec lequel il n’a aucun lien de parenté, il fut notamment invité par Banksy au Can Festival de 2008.
Dans les rares interviews que l’on peut trouver sur le web ou dans les magazines spécialisés, lorsqu’on lui demande de décrire son art, il n’utilise que 2 mots : ‘bordel merveilleux’.

A découvrir à la galerie Mathgoth ( 14 rue Hélène Brion – Paris 13eme)  jusqu’au 04 Juillet.

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Et en supplément, quelques photos prises en Février des derniers murs réalisés par cet artiste à Londres sur Rivington Street et Heweet Street, avec comme guest stars , les poissons de Pez , les gravures de Vhils et l’univers fantasmagoriques de Jim Vision.

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