La rue a du charme d’Hopare

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Aout 2013, Quai de Valmy, au coin de la rue Beaurepaire, j’observe un groupe de graffeurs travailler sur un mur sous les yeux intrigués des touristes venus se rafraichir le long du canal Saint Martin.
L’un d’eux s’applique tout particuliérement où en tout cas d’une manière qui suscite mon intérêt.
A coup de fins traits tracés à la bombe, il souligne les courbes et peint une demi rosace qui donne à l’ensemble de sa réalisation une douceur, qui intrigue, dans un ensemble plutôt géométrique.
Quelques semaines plus tard, c’est dans le cadre de l’évènement La Peau s’affiche réunissant un groupe de street artistes parisiens sur la place du Palais Royal que je découvrirais le nom de cet artiste : Alexandre Monteiro aka Hopare.

En ce début d’année, c’est la fresque de la rue Maronites qui m’a permis de retrouver son style si particulier, qu’il définit lui-même comme étant ‘graphique’ et ‘floral’ et qui rend reconnaissable ses créations au 1er coup d’œil.
Réalisé en collaboration avec notamment Shekra, Brok, Alex, Bruss, Manyak et Ogre, elle occupe toute la 1ere partie de la rue et s’impose par son rayonnement aux passants bien plus que les hauts immeubles gris qui l’entourent.

Les débuts d’Hopare dans le graffiti remontent aux débuts des années 2000 alors qu’il n’était qu’un jeune collégien, élève dans le cours d’arts plastiques de Shaka, artiste urbain originaire d’Evry et mondialement connu.
Shaka l’initie au lettrage pendant la récréation et finira par lui apprendre à peindre sur murs après les cours.
Au-delà du lettrage, le jeune graffeur va vite progresser et  trouver son style reconnaissable  qui mêle abstraction, figuration et graphisme avec des tons et des choix de couleurs qui rendent les personnages de ses œuvres intemporels et presque vivants.

Découpage, collage, peinture sur mur ou sur toile, il touche à tout et l’a encore une fois prouvé lors de son dernier solo show présenté par la galerie 42b à l’espace Léon en présentant un portrait gravé sur une porte en bois, un autre réalisé au fusain où une peinture effectuée sur le reservoir d’une moto.
3 jours d’exposition du 21 au 24 mai 2015 qu’il ne fallait absolument pas manquer.

Hopare dit être à la recherche du trait parfait et c’est exactement ce que l’on ressent quand on regarde une de ses toiles : les lanières de couleurs, rehaussées de lignes noires, s’entrelacent pour donner vie à des corps et des visages.
Sur certaines toiles, les coulures sont utilisées pour finaliser ses peintures.
L’émotion et la sérénité transpirent des portraits à tel point qu’on en ressent presque un apaisement.

Artiste globe-trotter, la ville, ses rues, l’animation qui y régne et les rencontres qu’on y fait, sont ses principales sources d’inspiration.
Elles lui servent de fil conducteur dans ses voyages et c’est précisemment ce que l’on retrouve dans ses créations.

Il a confié apprécier le travail de C215, Shaka, Nosbe, Alex ou Kashink, notamment car ils avaient réussi à trouver un vrai univers et une signature visuelle.
Avec ‘La rue a du charme’, Hopare nous a montré que son univers était grand et sa signature unique.

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