Le M.U.R Oberkampf by Pantonio

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Des œuvres futuristes de Scan-R aux M.U.R de Bordeaux aux dégradés de bleus de Pantonio au M.U.R Oberkampf, il y a 3 heures de train.

A 9h30 du matin, le mur au coin des rues Oberkampf et Saint Maur est totalement noir.
Casque sur les oreilles, l’artiste tient un bout de laine rouge qu’il tourne et retourne dans tous les sens et qui va lui servir de fil directeur pendant toute la journée.
Il restera accroché en bas du mur et réguliérement quand il aura besoin d’inspiration, il l’attrapera.

Pour débuter, armé d’une perche à laquelle est fixé un rouleau, il trace les contours en blanc de ce qu’il souhaite représenter.
Pas de lapins, de sirènes ou de poissons cette fois-ci, juste une corde sur le point de rompre.
Il consulte ses carnets de dessins, observe à nouveau son bout de laine, et poursuit en peignant le fond en blanc.
Petit à petit, on devine la corde qui s’entrelace, et qu’il fait ressortir de coups de rouleau de couleur noir.
A la perche et au pinceau, il précisera les contours de la corde en bleu et poursuivra ensuite directement au pinceau plat avec une multitude de lignes aux différentes nuances de bleus pour donner du volume.
Sur cette masse sombre, encore brouillon, il viendra patiemment graver de minces lignes, passera et repassera, effacera jusqu’à obtenir exactement le rendu qu’il souhaite donner à cette fresque.

Pantonio va travailler toute la journée avec cette palette minimale, composée de blanc, de noir, et  de bleu, pour représenter cette corde aux contours fluides.
Le résultat final est d’une précision et d’une netteté magnifique.

Artiste portugais, né en 1975 sur l’île de Terceira aux Açores, il est l’un des prolifiques de son pays.
Sa signature : des créatures marines, des lapins, des objets en lien avec les fonds marins et qui paraissent en mouvement grâce à un effet de cordage dans des tons bleutés.
Ses codes couleurs sont toujours les mêmes : le bleu acier qui symbolise la mer, le blanc l’écume, et le noir les rochers.

En France, c’est surtout l’exposition la Tour Paris 13 qui le fit connaitre.
Toute personne s’interessant à minima à ce qui se passe à Paris, connait Pantonio, même sans le savoir.
Sur la facade de ce musée éphémère et au 2nd étage de l’immeuble, sa horde de lapins a marqué la mémoire de tout passant circulant à proximité des lieux.
Si l’image semble poétique, ces lapins sont là aussi en référence au 1er ministre portugais Pedro Passos Coehlo ( lapin en portugais), qui a demandé des efforts sans précédent au peuple portugais durant la mise sous tutelle du FMI.
La galerie Itinérrance porteuse du projet La Tour Paris 13 lui a permis en suivant de réaliser son 1er solo show ‘Exodus’ avec une vingtaine de toiles toutes connectées les unes aux autres, formant ainsi un flux permanent. 

‘Dans le street art, le plus important ce ne sont pas les grands murs mais les détails de l’architecture urbaine avec lesquels on peut jouer. L’essentiel, c’est intervenir dans la rue et être à l’écoute des détails qui t’entourent.’

‘ Je cherche la fluidité. Il faut que l’observateur entre dans la toile par l’émotion qu’elle inspire avant de comprendre ce qui est representé’.

Pantonio

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