Inherent Vice de Paul Thomas Anderson

INHERENT VICE

Aller voir Inherent Vice sans avoir lu le pitch, ni même un seul article le concernant, ça peut être dangereux et totalement déstabilisant, où bien plonger le spectateur dans une profonde léthargie.

Au tout début du film, j’ai vraiment été persuadée que la 1ere scène était le résultat de l’inconscient totalement déformé par les différentes substances hallucinogènes ingurgitées par le personnage principal et que l’on allait ensuite revenir à une vision plus ou moins normale et standart de son quotidien.
Mais non, assez rapidement, j’ai compris que l’ensemble de l’histoire allait nous être contée à travers ce prisme-là.

A partir de là, on aime, ou pas.
A la fin du film, je n’aurais pas su vous dire ce que j’en pensais, d’autant que j’étais entourée de 2 personnes aux avis totalement contraires.
Pour ma part, je suis juste sortie de la séance en me disant : wwaoouh … on verra plus tard si je porte ou pas au panthéon, prenons un peu de recul…

Pendant 2h29, le metteur en scène envoie un flot continu d’images et dialogues plus délirants les uns que les autres qui assaillent nos pupilles et nos ouies et nous perdent.
Du coup, la seule recette pour apprécier ce trip californien façon 70’s post-summer of love est :  lâcher prise et se laisser porter et transporter dans un univers totalement barré et psychédélique.

Larry Doc Sportello est un privé un peu fracassé, un peu  hippie qui à la suite de la visite son ex petite amie venue lui demander de retrouver son amant du moment, magnat de l’immobilier, mène son enquête.
Fumeurs de joints, dentiste corrompus sous héro, cartel asiatique, flics tordus et nazis copains d’un juif richissime s’entrecroisent sans qu’il n’y ait jamais de véritable concordance.
Si les acteurs sont tous formidables, Joaquin Phoenix, dont on découvre le potentiel comique,est encore une fois dans un total état de grâce, parfait de candeur et d’incrédulité.
Quand à Josh Broslin, il joue un inspecteur très particulier, dominé par sa femme, mais qui se fait servir de la bière par son enfant et dont le passe-temps est de sucer des glaces à la banane aux formes totalement phalliques.

Au final, ce long métrage m’a fortement rappelé Mulholland Drive de David Lynch dans sa manière de nous pousser à intégrer l’univers totalement déganté des protaganistes, sans trop chercher à comprendre le fond de l’histoire, et c’est probablement à ce titre que je m’en souviendrais.

Définitivement, pour ceux qui n’ont pas peur de se perdre dans les méandres d’un esprit embrumé et légèrement dérangé.
Synopsis

Pitch : Los Angeles, 1970.
Le rêve hippie est ébranlé par les folies de Charles Manson et une guerre traumatisante au Vietnam.
Doc Sportello est un détective privé d’un genre particulier : il vit sur une des plages de la ville, est un adepte du joint bien roulé, et, à l’occasion, du trip intersidéral à l’acide.
Avec son meilleur ennemi, le flic Bigfoot, il enquête sur l’étrange disparition du milliardaire Mickey Wolfmann. Tous deux ont de bonnes raisons de vouloir tirer au clair cette affaire…