Vincent Vs Birdman

Vincent n'a pas d'écailles Birdman

… où le mythe des super héros revu et corrigé par 2 réalisateurs hors norme mais pas vraiment issu du même moule, voir aux antipodes.
Et c’est tant mieux, on s’en réjouit car c’est bien la diversité.

Je n’avais pas vraiment réalisé la concordance entre ses 2 films avant d’aller voir le second.
Le seul hic, c’est que je n’ai pas vu les 2 films dans le bon sens … voir Birdman après Vincent n’a pas d’écaille, c’est juste se prouver que définitivement le cinéma français est plus inventif, plus créatif, plus original.

Et en même temps, Alejandro Gonzalez Inarritu, c’est le metteur en scène d’Amours Chiennes, 21 Grammes ou Babel, trois films que je porte au Panthéon, l’un deux ayant même réussi à me faire apprécier Brad Pitt.

Vincent n’a pas d’écaille est un récit intimiste et frais avec une faculté géniale à faire naitre la magie avec 3 fois rien.
Vincent est un jeune homme tout à fait inoffensif, réservé et timide, qui, dès qu’il est en contact avec l’eau, possède un pouvoir extraordinaire : sa force et ses réflexes sont décuplés.
Dans une société ou on pointe du doigt la différence, il essaye, malgré cette particularité de mener une existence normale auprès d’une jeune fille, récemment rencontrée, et dont il tombe amoureux.
Jusqu’à ce que la défiance pour la différence des hommes le rattrape…

Thomas Salvador est l’homme-orchestre, à la fois metteur en scène et personnage principal.
Quant à Vimala Pons, dans le rôle de la petite amie, elle rayonne et a le charme de la plus jolie réplique du film : ‘c’était la plus longue caresse du monde’.

Le film est tout sauf parodique, il assume une tendresse et une poésie franchement rafraîchissantes alors que les écrans sont monopolisés par des blockbusters ou des franchises en devenir.
Une vraie pépite du cinéma d’art et d’essai….

Du coup, après, j’ai eu du mal avec ce quasi blockbuster qu’est Birdman, et où à mon sens Inarritu s’est perdu.
Il conte le parcours d’un autre super héros qui en fait n’en est pas un mais  qui aimerait bien le redevenir…
Une vraie plongée dans la tête et l’univers d’une ancienne gloire du cinéma des années 1990, Riggan Thomson, dont le plus grand rôle fut celui d’un super héros prénommé Birdman.
En quête d’un regain de notoriété et de reconnaissance, il adapte une pièce de théâtre et engage un des plus grands comédiens du moment, qui à lui seul rempli les salles malgré ses débordements.
Mais ce vieux sous-héros a sans cesse la petite voix de Birdman qui le suis partout et qui lui dit qu’il n’est pas fait pour le théâtre et qu’il doit redevenir celui qu’il était il y a 20 ans.

Les 45 premières minutes, voir même la première heure, sont réussies.
On est totalement immergés dans la production chaotique de cette pièce, on s’attache aux personnages portés par des numéros d’acteurs absolument hallucinant.
Par contre, ensuite, ça devient un peu plus compliqué, on finit par s’ennuyer, se lasser …
Bref, au final, le coup de cœur de Vincent n’a pas d’écaille, n’est pas là, le charme ne prend pas vraiment.

Prochain billet sur ce thème, je vous parle de Inherent Vice , un ovni mis en scène par Paul Thomas Anderson avec Joaquin Phoenix himself … un film qui m’a laissé scotché sur mon fauteuil, ainsi que les 2 amies qui m’accompagnaient, mais pas pour les mêmes raisons.