Animal by Borondo

Borondo Animal Glass Scratching (3)

Borondo, poète des rues et de l’art urbain, a exposé pour la 1ère fois à Londres ses œuvres au mois de Février, à la galerie London Newcastle Project Space en plein cœur de Shoreditch.

C’est sans grande conviction que je suis passée le lendemain de la clôture, date de mon arrivée dans la capitale anglaise, pour voir s’il était encore possible d’y entrer.
Une fois parvenue au 28 Redchurch Street, devant la porte entrouverte, j’ai passé une petite tête, et me suis retrouvée face à Borondo lui-même qui m’expliqua que l’expo était terminée mais que si je patientais 10 minutes , le temps de ranger les restes de la soirée de la veille, je pourrais ensuite profiter des ultimes moments..
15 minutes plus tard, nous voici quelques privilégiés, 5 au total à pouvoir bénéficier d’une visite privée, et en présence de l’artiste, de cette exposition hors norme.

Composé de plusieurs ambiances, Borondo a visiblement voulu explorer l’instinct animal présent en chacun de nous, et comment cet instinct se retourne bien souvent contre les animaux.
Au total, 8 espaces thématiques qui incluaient des installations vidéos, des effets de lumières avec des rétro projecteurs, et le tout avec la collaboration avec Carmen Maín , Edoardo Tresoldi et Despina Charitonidi.

Fidèle à sa manière de créer, il a utilisé toutes les techniques : le glass scratching ( gravure sur vitres peintes ) , la paille brûlée et bien évidemment la peinture dont un certain nombre de tableaux réalisés sur verre poli.

Les différentes scènes présentées étaient crues, puissantes, poétiques et tentaient chacune de nous faire réfléchir à la mortalité, à travers celle que nous imposons aux autres espèces animales, et à travers l’image de nous-même que la nature nous renvoie.

Immédiatement après l’entrée, un couloir nommé Sorry, composé de faux bois de cerf formant une arche, était censé représenter l’affichage des trophées de chasse et de guerre comme des symboles de la fierté des chasseurs, mais cette fois-ci réduites à de vulgaires bâtons.
Dans la salle suivante, The Order : fear control and captivity, créée en collaboration avec Edoardo Tresoldi, des glass scratching avaient été suspendues au plafond au milieu de la salle, et des vidéo projecteurs diffusaient des images traversant ces vitres et créant ainsi une autre réalité sur le mur …

Juste en suivant, un mur de bottes de foin , brûlées en partie révélait des personnages faisant face à des cages avec des oiseaux en métal piégés à l’intérieur : ‘les oiseaux enfermés perdent leur essence, alors qu’à l’extérieur, ils sont totalement libre. Ce travail suggère que la nature a son propre ordre, mais ce que nous imposons est un ordre de le capturer, de le nier’ explique le catalogue de l’exposition pour présenter cette mise en scène prénommée Control.

Dans la salle suivante, La Carne, un film, diffusé en continu, montrait une femme en train de ramper, victime de son besoin de contrôle et de routine, et sur le mur d’à côté des détails de ce film mis en exergue dans plusieurs tableaux.
En suivant, une pièce noire présentait une spirale composée de petits cadres de glass scratching.
Et enfin, la salle la plus vaste offrait une série de peintures disposées sur les murs mais également accrochées au plafond sur plusieurs thèmes : la corrida, l’animal domestique ou les parties de chasse présentant des chasseurs pris pour cible …

De retour à l’entrée, j’ai pu échanger quelques mots avec Borondo sur la signification de chaque mise en scène, et le remercier pour cette exposition à mi-chemin entre son univers poétique et ses pensées de militant.
Inutile de vous dire que je suis emballée, je pense que cela se sent à travers mon écriture, cet artiste reste définitivement un de ceux qui me fait le plus vibrer quand j’ai la chance de découvrir une de ses oeuvres au détour de mes balades londoniennes.

Finissons sur une citation du catalogue de présentation de l’exposition : ‘we envy what is wild, unpredictable, and the freedom that follows. However, it is what we fear that fascinates us and so we decide to subdue it, keep it in a cage and observe it from the outside. We choose to live in captivity. Artificiality prevails, life ends.’ et l’épilogue de l’exposition : ‘the first subject matter for painting was animal, probably the first paint was animal blood’ de John Berger.

Pour une présentation plus détaillée de l’artiste, je vous renvoie à mon billet : Borondo poète des rues et sur son blog Borondo ou sa page Facebook.

Borondo Animal Sorry

The Order (3)

The Order (5)

The Order (1)

The Order (2)

Borondo Animal Control (3)

Borondo Animal Control (2)

Borondo Animal Control (1)

Borondo Animal La Carne (2)

Borondo Animal La Carne (1)

Borondo Animal Glass Scratching (2)

Borondo Animal Glass Scratching (1)

DSC08950

DSC08957

Borondo Animal