Only lovers left alive de Jim Jarmusch

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Dimanche 25 Janvier, j’ai été voir l’ultime projection d’Only Lovers left Alive de Jim Jarmusch à l’Utopia qui fut suivi d’un concert de Jozef Van Wissen.
Il y a pratiquement 1 an de cela, à sa sortie en France, j’avais écrit un billet sur ce film qui m’avait bouleversé.
Toujours à l’affiche à l’Utopia en Janvier 2015, j’écris un second billet pour le cinéclub de Potzina dont le thème est L’amour ce mois-ci.

Only lovers left alive est la quintessence de l’histoire d’amour.
Son récit conte l’amour absolu et éternel, mais aussi  le don de soi, d’un couple de 2 vampires.
En traversant les siècles, ils ont réussi à conserver dans un cocon ce précieux sentiment tout en vivant à des milliers de km l’un de l’autre.

Adam est le torturé du couple, le compositeur et musicien de génie.
Il vit dans un Détroit apocalyptique, rongé par la crise automobile, déserté par les multinationales.
Retranché dans une maison ou s’empilent les trésors du passé, il compose ou décompose à l’infini et essaye de se prouver qu’il pourrait être capable de mettre fin à une vie sans fin.

Eve est solaire, elle se promène d’un bout à l’autre de la planète, de Tanger à Détroit.
Suçant une glace au sang, elle déambule dans la médina de la mythique ville marocaine à la recherche de son plus vieil ami, qui n’est autre que le poète Christopher Marlowe himself, pour l’accompagner dans un ultime voyage.
Elle est présente, elle réconforte, elle est l’âme forte du couple.

Ils sont le ying et le yang : elle survivante, vivant avec son temps et lui misanthrope, blasé, figé dans le passé.

Only Lovers Left Alive est un film de nuit, totalement habité par une atmosphère incroyable, que l’on continue à savourer si on choisit comme moi la dernière séance pour en sortir à l’heure du crime avec la lumière orangée des réverbères dans les rues vides.
Les balades d’amoureux se font dans le dédale de Tanger ou dans un Détroit crépusculaire, au choix.

Les comédiens sont tous excellents.
Tom Hiddleston est sexy en diable en rockeur gothique blasé.
Tilda Swinton rayonne.
John Hurt fascine en vieux sage.
Mia Wasikowska, l’antithèse des deux amoureux, agace en charmante tête à claques qui apporte un vent de fraîcheur dans l’antre d’Adam.
Un pur chef d’œuvre dont il faut savoir apprécier le rythme particulier, les respirations musicales, le sens du détail et le verbe sûr.

J’ai découvert Jim Jarmusch il y a des années de cela avec Down by Law , un petit bijou réunissant Tom Waits, Roberto Begnini et John Lurie et quelle entrée en matière avec un tel trio ..
Depuis je suis restée fidèle à ce metteur en scène mais aussi à Tom Waits et sa voix rocailleuse qui écorche si bien les paroles de la chanson Blue Valentine, source d’inspiration le jour où je dus trouver un prénom à ma fille… Valentine comme le nom des lettres d’amour que les soldats partis sur le front envoyaient à leurs amoureuses…

SynopsisPitch : Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique.
Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable.
Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?

Durée : 2H03
Casting : Tilda Swinton, Tom Hiddelston, Mia Wasikowska, John Hurt
Réalisateur : Jim Jarmusch

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– Qu’est ce qui se passe mon chéri ?
– C’est les hommes et la façon dont ils traitent le monde. J’ai l’impression que tout le sable s’est déposé au fond du sablier.
– Alors il est peut-être tant de le retourner.