L’enquête de Vincent Garenq

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L’enquête de Vincent Garenq est un thriller journalistique et politique.
Il livre un récit ultra réaliste et bien documenté de cette affaire qui nous apparaissait si obscure il y a quelques années de cela : Clearstream.
Même s’il reste encore quelques zones d’ombres en sortant de la séance et que l’envie de prendre du recul sur ce film pour ensuite reconstituer le puzzle est forte , j’ai enfin compris comment les commissions illicites versées dans le cadre de la vente des frégates de Taiwan venaient s’intégrer à l’affaire Clearstream.

Le metteur en scène réussit à relever le défi d’expliquer au spectateur, point par point, les tenants et aboutissants de cet imbroglio à travers le parcours et l’enquête de 2 hommes : Denis Robert et le juge Renaud Van Ruymbeke.

Des affaires douteuses des grands groupes capitalistes et bancaires, des affrontements entre patrons de grandes sociétés européennes jusqu’aux trafics d’influences aux plus hauts niveaux de l’état français, le tout est condensé dans un thriller de moins de deux heures en apportant juste la lisibilité dont nous avions besoin.
En fait, dès la 1er scène, on entre dans le vif du sujet avec une perquisition au domicile de Denis Robert, qui anéanti par des années d’enquêtes et de pressions vécues au quotidien, finit par s’évanouir dans son jardin.
L’image est forte.
Retour arrière, quelques années auparavant…

Denis Robert est journaliste à Libération, il claque la porte du quotidien et décide de se consacrer à l’écriture.
A la suite de la parution de son 1er roman La Justice et le Chaos , recueil d’entretiens avec 6 juges européens menant des intructions dans le cadre d’affaires de corruption, il est contacté par un ancien cadre de Clearstream.
A partir de là, l’enquête est lancée et nous accroche à l’écran jusqu’à la fin du film.

Ce qui à l’époque paraissait flou, à savoir la corrélation entre la procédure menée par le Juge Van Ruymbeke sur les commissions versées dans la vente des frégates, et l’enquête de Denis Robert sur un système bancaire corrompu et l’évasion fiscale prend tout son sens.

Au-delà de cette affaire en particulier, le film est construit comme un thriller politique, qui n’est pas sans rappeler certains films des années 70 comme Z de Costa Gravas, les Hommes du Président de Sydney Pollack ou plus récemment JFK d’Oliver Stone.
L’interpretation de Gilles Lellouche et Charles Berling est investie, sans fausse note, bref excellente … si cela n’étonne pas du second, quel plaisir de voir enfin Gilles Lellouche dans un rôle qui lui fait honneur !

Enfin un peu pour marquer notre insconcient ou peut être notre conscience, les hasards du calendrier font que ce film est sorti en pleine affaire SwissLeaks révélée par 2 journalistes du Monde.
Faut-il en déduire que, malgré l’enquête de Denis Robert qui a fini par aboutir à des démissions en cascade à la tête d’EADS et Clearstream, les fondements de la corruption financière des grands groupes internationaux ayant des repercussions dans les sphéres politiques sont profonds, il n’y a qu’un pas…
SynopsisPitch : 2001. Le journaliste Denis Robert met le feu aux poudres dans le monde de la finance en dénonçant le fonctionnement opaque de la société bancaire Clearstream.
Sa quête de vérité pour tenter de révéler ‘l’Affaire des affaires’ va rejoindre celle du juge Renaud Van Ruymbeke, très engagé contre la corruption.
Leurs chemins vont les conduire au cœur d’une machination politico-financière baptisée ‘l’affaire Clearstream’ qui va secouer la Vème République.
Réalisé par : Vincent Garenq
Avec : Gilles Lellouche, Charles Berling, Laurent Capelluto
Durée : 1h46