La jungle urbaine des Monkey Bird Crew

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Au mois de Janvier, un sanglier, l’âme un peu plus aventureuse  que ses congénères,  est venu se perdre en pleine nuit dans le centre-ville de Bordeaux.
Pris en flagrant délit du côté de la gare, il a réussi à échapper à ses poursuivants jusqu’au Palais de Justice, où la meute a fini par le rattraper et le tuer, une fin digne d’un minotaure et non d’une pauvre bête perdue dans un univers qu’elle ne connait pas.

Cette petite incursion de la faune animale au cœur de la ville m’a beaucoup amusé et notamment le désordre qu’elle y a créé (mise à part sa conclusion bien entendu), au même titre que le brame du cerf qui a envahi le centre commerçant de la ville dans le cadre du projet Intervention en milieu urbain d’Olivier Crouzet, à voir et surtout entendre ici .

Pourquoi je vous raconte tout ceci ?
Parce que j’avais envie de revenir aujourd’hui sur le collectif Monkey Bird, dont j’ai parlé plusieurs fois sur ce blog, et qui s’inscrit dans la même dynamique consistant à réconcilier l’homme, son environnement urbain et la faune animale.

Découverts pour ma part en 2012  avec toute une série de collages déposés sur les murs de Saint Michel,  le singe des débuts m’avait d’emblée rappelé l’univers virtuel  de Gorillaz et notamment le personnage de 2-D (le chanteur du groupe incarné par Damon Albarn sur scène) aux yeux ronds, sans vie, presque inexistants.

Depuis, leur style a évolué et s’est affiné.
Armés de bombes, de sprays et de pochoirs, ils redonnent aux murs et portes un nouveau souffle en les habillant de portraits de singe, gorilles, perroquets ou hérons.
Derrière le masque à poil se cache Temor et derrière celui à plume Blow et depuis quelques temps, leur zoo s’agrandit à l’infini, bien au delà de Saint Michel, que ce soit à Paris avec leurs performances à la Halle Freyssinet pour la Nuit Blanche  où aux docks de la Cité de la Mode et du Design ou en Belgique pour les fêtes de la Saint Martin.

Toujours à la recherche de nouvelles compositions, je suis revenue sur les lieux de mes frasques d’étudiantes ce week-end pour admirer ‘in situ’ leurs oeuvres déposées entre les murs d’amphi, bibliothèques, salles de TD ou du resto U de l’Université Michel Montaigne dans le cadre du festival Vibrations Urbaines qui s’est tenu au mois d’Octobre 2014.

Une virée qui n’a pas été sans une petite poussée nostalgique et avec le sentiment de découvrir autrement ces lieux transformés en musée urbain en plein air.
Certes, j’étais rarement à la fac le week-end, mais du coup j’ai eu un peu l’impression que singes, gorilles et volatiles gardaient les lieux désertés le temps de ces 2 jours où les étudiants cuvent leur semaine et la fameuse soirée du jeudi soir, et aussi souvent celle du vendredi …

D’un côté, des pies qui prennent leurs envols depuis un amphi, de l’autre un chimpanzé qui escalade un mur narguant  le corbeau qui l’apostrophe… un peu plus loin, deux cacatoès se font face et s’interpelent de leurs voies nasillardes.
Les interpretations peuvent être multiples mais à mes yeux l’objectif est le même : interpeler l’étudiant et le citoyen pressé sur notre environnement et l’importance d’y réintroduire nos amis les animaux.

Pour finir, je ne saurais que vous conseiller de venir voir ces 2 artistes oeuvrer la semaine prochaine au M.U.R de Bordeaux dont le vernissage est prévu Vendredi 13 Février à 17H.

Plus de photos sur la page Facebook des Monkey Bird Crew et sur la page Facebook du Blog.

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