Les tontons flingueurs de G. Lautner

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Pour cette première séance du cinéclub de Potzina avec comme thème Les comédies, je n’ai pas eu à trop me creuser la tête pour effectuer un choix … ou plutôt si, je me la suis creusée au tout début, et quand il m’est apparu de manière évidente que ce serait forcément un film ayant laissé une trace sonore dans mon esprit, le choix a été fait assez rapidement…

3 films me venaient en tête : La grande Vadrouille avec la chanson Tea for two , Mary à tout prix avec Build me up buttercup des Foundations et les Tontons Flingueurs avec pour le coup de multiples références sonores …

Mon choix s’est porté sur ce dernier film que ma progéniture n’avait jamais vu, il fallait donc réparer cette effroyable lacune dans sa culture cinématographique…
C’est en l’entendant rire aux éclats que je me suis dit que j’avais fait le bon choix…parce que finalement je n’étais pas aussi sure de cela de mon choix (ben oui…je suis du genre féminin ^^)) ….
A chaque fois que je me décide à revoir ce monument du 7éme art, c’est les mêmes hésitations, oui, non, y a pas de scénario, les ressorts sont ultra connus, ce n’est pas très subtil …etc. etc.

Mais au final, l’effet est là, comme une évidence, 1H45 non-stop de répliques et scènes cultes et l’on en redemande ….

L’histoire est celle de Fernand Naudin, un ancien truand reconverti dans des affaires légales.
Du jour au lendemain, il se retrouve à gérer l’héritage du Mexicain, son ancien pote revenu mourir en France.
Seulement voilà, l’héritage en question est loin d’être de tous repos : entre une révolte des truands qui refusent d’être ses subordonnés et la fille turbulente du Mexicain qui fait sa crise d’ado yéyé, il va devoir faire le ménage…

Commençons par un brin d’histoire autour du film …
Lors de sa sortie, en 1963, Alain Poiré, le producteur, dut s’associer avec des confréres allemands et italiens pour le distribuer.

Plutôt mal accueilli par la critique, il connut malgré tout un très beau succès en France avec plus de trois millions d’entrées.
Aujourd’hui, c’est une référence du cinéma français.

L’intrigue n’est certainement pas la force principale de cette comédie avec un scénario plutôt basique mais ce qui l’emporte sur l’histoire c’est bien évidement les incroyables prestations des acteurs, tous déchainés, et les dialogues mémorables de Michel Audiard.
Difficile ne pas prendre plaisir à les écouter, débités par des acteurs en grande forme et ayant tellement la gueule de l’emploi, le genre de miracle qui n’arrive qu’une seule fois.
Il faut dire que le casting des Tontons Flingueurs est juste inoubliable : Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Claude Rich, Jean Lefebvre, Robert Dalban et Venantino Venantini.

Le quatuor composé de Ventura, Blier, Blanche et Lefebvre fonctionne à merveille et dote le film de moments inoubliables comme la fameuse scène d’anthologie de la cuisine où nos quatre amis finissent totalement ivres.

Chacun des acteurs, star à l’époque, jouent une partition collective hors pair sans bataille d’ego… Francis Blanche apparait tardivement dans le film, Bernard Blier accepte un rôle uniquement basé sur du comique de répétition…etc.

Au final, une belle parodie du polar noir qui reste et restera dans les mémoires des cinéphiles français comme une tradition que l’on se transmet de génération en génération.