Two Lovers de James Gray

James Gray et Joaquin Phoenix, un vrai duo de rêve dont je ne me lasse pas … et pourtant, Two Lovers m’avait laissé un peu dubitative lorsque je l’avais vu pour la 1ère fois il y a quelques années. 
Ayant revu le film cette semaine, les évènements survenus dans ma vie ces dernières années m’ont probablement permis d’aborder l’histoire différemment car j’en suis ressortie plutôt bouleversée.

Two Lovers est une belle histoire d’amour, bien loin des clichées américains sur le genre sentimental,  doublée d’un portrait saisissant d’une famille juive.
Contrairement à La nuit nous appartient ou The Yards (revu également cette semaine et dont je vous parlerais dans un prochain billet), il n’y a dans celui-ci aucun cri, presque pas de coups.
Les réunions familiales présentent une surface lisse, courtoise.
La douceur semble régner.


Mais c’est la douleur, sourde, implosive, ravalée, qui finit par tout emporter.
Dans cette histoire d’un jeune homme qui tente de s’extraire de l’attraction familiale, on reconnaît sans peine un thème cher au réalisateur à savoir, l’opposition entre un destin choisi pour l’individu par son clan, et une tentative désespérée de tracer son propre chemin contre l’intérêt de ce clan. 
En fait, une fois le film fini, j’ai soudainement réalisé pourquoi je l’avais moyennement apprécié lors de mon premier visionnage.

Two Lovers est typiquement le type de film où même si les personnages sont plutôt attachants, tu n’arrives pas à t’y attacher parce qu’ils te renvoient à des scènes et situations de ta propre vie.
Ils sont trop humains, se voilent la face et suivent bêtement leurs passions.

Ils agissent totalement en contradiction avec leurs valeurs, leurs intérêts ou leurs bien être et me concernant cela me renvoie à certaines de mes faiblesses et erreurs de ma vie.
Et c’est là la force de cette histoire, du jeu des acteurs et de la réalisation de James Gray.

Si je ne suis pas étonnée pour Joaquin Phoenix, bouleversant dans son interprétation d’enfant prisonnier d’un corps d’adulte,  j’avoue que concernant Gwyneth Paltrow , qui reste pour moi principalement la femme de Chris Martin, c’est une bonne surprise.
Le dernier membre du trio est Vinessa Shaw, la discrète, qu’on finit un peu par oublier, y compris quand on écrit une critique du film, c’est là tout l’art de son jeu.

Au final, je me dis que Two Lovers forme, avec Shame de Steve McQueen et Blue Valentine de Derek Cianfrance, mon trio de tête concernant les films sur l’amour et ses répercutions.


                                      
Pitch : New York.
Leonard hésite entre suivre son destin et épouser Sandra, la femme que ses parents lui ont choisi ou se rebeller et écouter ses sentiments pour sa nouvelle voisine, Michelle, belle et volage, dont il est tombé éperdument amoureux.
Entre la raison et l’instinct, il va devoir faire le plus difficile des choix…