Les racines du Mal de Maurice G. Dantec

Les racines du mal Maurice Dantec

Lu il y a très longtemps de cela, c’est en déménageant cet été que j’ai extrait à nouveau de ma bibliothèque ce pavé complètement barré de Maurice G. Dantec.
J’ai mis à profit les beaux jours, le soleil, le ciel bleu et mes virées plages pour le dévorer à nouveau car autant je suis capable de passer des nuits plongées dans de tels romans, autant je sais qu’après une telle noirceur j’ai besoin de journées ensoleillées pour décompresser.

Donc Les racines du Mal est une lecture que je vous conseille, si vous aimez le genre évidemment,  mais à mettre de côté pour les beaux jours.

L’histoire débute sur les chapeaux de roue en nous plongeant directement dans les délires hallucinés d’un tueur en série, Andréas Schaltzmann, qui dans sa psyché explosée, imagine qu’aliens et nazis se sont ligués afin de transformer la population en esclaves tandis que la pourriture et la mort ont entrepris un terrible combat contre lui.
Il en déduit qu’il est contraint de tuer et de boire du sang pour survivre.
Logique…
A la rigueur, passe , on encaisse.
Mais c’est sans compter avec le reste.

Andréas, arrêté après une tentative de suicide solitaire dans sa voiture, est soigné et soumis aux questions d’un trio de chercheurs.
Très vite, ceux-ci se rendent compte que quelque chose ne « colle » pas.
Commence alors pour eux une longue quête sur la piste de véritables monstres.
Ils découvrent que d’autres personnes ont profité de la série de meurtres qu’il a récemment commis pour cacher leur propres méfaits, Andréas constituant un bouc-émissaire presque parfait …
Une course contre le montre va commencer pour démasquer ces tueurs hors normes et tenter de mettre fin à leurs agissements.

L’histoire ainsi résumée semble plutôt banale dans ce type de littérature.
Il n’en est rien : les criminels et leurs actes sont particulièrement atypiques par leurs motivations et leur cruauté.

Si l’enquête tourne parfois un peu en rond, de nombreux éclairs de génie traversent le roman, un foisonnement d’idées maitrisées, bien qu’un peu délitées dans un océan d’informations secondaires, quelques délires jouissifs et une excellente fin, loin des stéréotypes qu’on pourrait attendre.

4eme de couverture : Andreas Schaltzmann est persuadé que les habitants de la planète Vega sont installés dans son quartier, à Vitry-sur-Seine, et étendent leurs ramifications jusqu’aux plus hautes sphères de l’État.
Paranoïaque, l’homme décide de vider ses comptes en banque et ses chargeurs de revolvers ; il se lance dans une cavalcade meurtrière à travers la France.
Arrêté, il apprend qu’on lui attribue des crimes qu’il n’a pas commis.
Un trio de scientifiques persuadé de son innocence traquera les véritables tueurs grâce à un ordinateur de type supérieur, baptisé « neuromatrice » qui fonctionne comme un cerveau humain mais à une vitesse surmultipliée.
Ce roman atypique débute à la manière d’un périple de tueur en série pour s’orienter vers un récit prospectif où éléments philosophiques, sociologiques et scientifiques viennent s’imbriquer dans l’action.