Rock the casbah, hymne à la fraternité

JBC Fév 2015 (2)

Au mois de Février 2015, sur le mur Oberkampf dans le 11éme arrondissement de Paris, JBC, street artiste atypique et engagé, a procédé à sa propre interprétation du tube mythique des Clash : Rock the Casbah.
Cette oeuvre m’est revenue en tête ces derniers jours en écoutant une chronique de Charline Vanhoenacker , titrée ‘A la santé des enfants du rock’ ( à écouter dans le lien ci-joint )

Début 2015, au cours d’un dimanche matin gris,  et dans le froid parisien, quelques jours après ‘Charlie’, j’avais trouvé cette representation graphique du tube des Clash pleine d’espoir.
Définitivement, Rock the casbah fleure bon l’insouciance de mon adolescence, les 1eres soirées, les 1ers gins tonic et les 1ers lendemains difficiles et enbrumés, ou encore la découverte de la liberté lors de mes séjours à Leicester ou Londres, les punks à Trafalgar Square, la folie de Carnaby Street, les dancings du dimanche après midi…
A l’époque, je n’avais pas forcément capté le double discours de ce morceau, c’est venu bien plus tard mais à l’identique d’aujourd’hui, il provoquait dans mon esprit une vraie urgence à vivre.

Initialement, les paroles de ce titre avaient été écrites par le groupe en réaction à l’interdiction d’écouter du rock en Iran prononcée par l’Ayatollah Khomeini, et relataient une révolte imaginaire durant laquelle les habitants bravaient les interdictions en se rendant à un concert des Clash, créant ainsi l’agitation dans la casbah.
Dans le clip vidéo, le groupe joue devant un puit de pétrole, déguisé en soldats, et le fil rouge du clip est l’équipée sauvage d’un Arabe vêtu d’une djellaba et d’un Juif portant le chapeau noir traditionnel qui le prend en stop à bord d’une rutilante américaine lancée à toute vitesse sur des routes désertes.
Par les textes, le son et les images, Rock the casbah s’impose donc comme un hymne à la fraternité sur fond de rock.

Dans la même lignée , la réalisation de JBC se présente en 3 parties : d’un côté la joie de vivre, la musique, la gaieté, de l’autre côté, la guerre, la destruction, la désolation … entre les deux, Joe Strummer, emblématique, charismatique.
Une oeuvre bien représentative de l’actualité du début de l’année, mais aussi de cette fin d’année, que chacun de nous interprètera à sa façon.

Nous voyons chacun la vie à travers notre propre prisme.
Pour ma part, le verre est à moitié plein.
Et à la veille de la Cop 21 qui s’avèrera probablement inefficace, où face à la montée des intégrismes quelqu’ils soient et de l’intolérance, qui se traduisent tous deux par une incapacité à vivre ensemble, je continue à militer et à agir à mon petit niveau pour que ma fille évolue dans un environnement écologiquement vertueux et que la fraternité et la tolérance soient des valeurs qu’elle porte dans son quotidien et dans son attitude bienveillante et positive.
Ce leg, c’est ma façon à moi de résister….

Texte de JBC au pied du mur :
‘Cette peinture donne à voir les deux faces de la chanson Rock the Casbah du groupe de rock The Clash : à gauche, une vision positive et musicale du Moyen Orient, telle que Joe Strummer l’avait imaginé. Et à droite, le détournement : belliqueux que les soldats américains et les néo-conservateurs en tirèrent, et ses conséquences …
On raconte que Strummer pleura quand il apprit que la phrase « Rock the casbah » était écrite sur une bombe américaine sur le point d’être larguée sur l’Irak pendant la guerre du Golfe de 1991.’

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