Fish in the city

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Des poissons flottants au milieu de buildings impersonnels, comme une fenêtre vers un monde parallèle,
Des couleurs pastels, chaudes pour atténuer le froid des murs gris et les reflets sans âme des façades de verres,
C’est ce que l’on peut admirer depuis cet été  lorsqu’on va se balader sur les hauteurs du quartier Mériadeck, en plein coeur de Bordeaux , avec une envie de faire une partie de bowling.

Pendant la belle saison, le bâtiment a refait peau neuve et les pochoirs, les pinceaux  et les bombes de l’artiste Rouge ont apporté une nouvelle dimension dans ce paysage.

Du côté de l’entrée du bowling : des poissons mais pas n’importe quels poissons : ce sont des combattants.
Ces évadés du grand bleu ont une particularité : outre le fait qu’ils sont particulièrement résistants, les males ne supportent pas la présence d’un spécimen du même type à proximité.
Si on se risque à en placer 2 dans le même bocal, ils finissent par se battre à mort.
Un vrai symbole au milieu de ce quartier du centre-ville bordelais,  qui incarne entre autres la modernité même si les buildings datent maintenant de quelques decennies.
De l’autre côté du bâtiment, des yeux perdus au milieu des immeubles, observent et épient le passant.

A l’automne dernier, l’artiste investissait le Mur de Bordeaux avec ses amazones fières et combattantes et tout au long de l’année elle a déposé dans le centre ville de nombreux collages représentant des portraits de naufragés et interpellant sur la condition des migrants.

Entre les expositions, à la galerie des Jeunes Talents à l’Institut Magrez  où à l’espace La Rouille à Saint-Nazaire, et des résidences dont une à Delhi avec les Monkey Bird, espérons que Rouge va continuer à nous livrer son regard à la fois onirique et engagée sur les murs de la ville.

‘ Rouge naît avec l’adolescence dans les marges de mes copies désoeuvrées.
Avec l’âge, Rouge perd peu à peu ses apparats graphiques juvéniles et s’émancipent du papier pour s’essayer aux murs.
Ni vandale, ni graffitiste, c’est par impulsion contextuelle que j’en suis venue à la peau des villes, chercher un public, supprimer la latence entre l’instant de l’atelier et l’instant d’exposition.
Citadine ontologique et convaincue, je cherche le vert trottoir, la fable, la mythologie latente dans l’identité d’une rue, d’un quartier. Attachée au dessin et à la peinture, c’est pourtant avec un travail d’interventions, de vidéos et de performances que j’ai été diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux.’

Rouge

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