Marko93 pour la Nuit Blanche

Marko93 Nuit Blanche (6)

De passage à Paris le week-end dernier, un petit tour à la Nuit Blanche s’imposait.
Sur le thème de la lutte contre le réchauffement climatique, des 270 blocs de glace installés sur le Parvis de l’Hôtel de Ville par Zhenchen Liu, qui fondaient à mesure que la nuit avançait aux petites figurines en glace de Néle Azevedo, les interprétations étaient multiples.

En Off, la photographe amatrice de Street Art que je suis, ne pouvait pas passer à côté de la performance que Marko93 réalisait sur la Place de la République.
Figure emblématique du graffiti, le parcours de cet artiste n’en est pas moins atypique même si comme nombre de ses confrères, c’est le hip hop qui l’a mené à cet art à la fin des années 80.

« J’ai essayé de danser mais je n’étais pas doué. J’ai tenté de rapper mais je n’étais pas bon alors j’ai commencé à graffer. »

Assez rapidement, son trait va prendre de la maturité, notamment lorsqu’il découvre la calligraphie arabe, et qu’il commence à tailler ses caps afin de réaliser des pleins et des déliés, et obtenir ainsi un rendu plus élégant.
Cela donnera quelques années plus tard son style si particulier : le ‘kalligraffism’ .
Fin des années 90, il découvre le light painting.
Combinant un temps de pose long avec un environnement sombre, le light painting consiste à utiliser des sources de lumières mobiles ou fixes afin de peindre des formes lors de la prise de vue.

« J’ai vu une photo de nuit illuminée par la traînée des phares d’une voiture. On m’a expliqué la pose lente. Je me suis mis alors à faire des traits lumineux avec une lampe de poche, photographiés la nuit avec un retardateur. »

Il est parmi les premiers à réaliser du vidéo light painting et devient ainsi un précurseur en la matière, en inventant le Monulight, le light painting monumental réunissant des centaines de personnes dans des chorégraphies nocturnes étranges.
Ses interventions, dans lesquelles il peint l’espace et la matière avec pour seul instrument la lumière, l’emmènent aux quatre coins du globe.
Mais il ne s’arrête pas là dans l’exploration de son art.

Un soir, marqué par The Pillow Book de Peter Greenaway, film culte qui conte les amours d’une jeune calligraphe exprimant ses sentiments en écrivant des poèmes sur la peau de son amant, il ira au délà du light painting en prenant pour support le corps humain, et en peignant sur le dos de son amie au posca blanc.

« J’étais bouleversé : j’ai aussitôt tagué le dos de ma copine ! Et puis une nuit où je m’ennuyais dans une soirée, j’ai sorti mon Poska blanc et dessiné par surprise sur l’épaule d’une fille. »

Samedi soir, sa performance était plus classique mais pas moins passionnante à regarder.
Continuant à utiliser  la calligraphie mais cette fois ci sur un immense mur, à coups de superpositions des caractères, coulures et grâce l’utilisation subtile des couleurs, Marko93 a donné vie et volume à 3 superbes félins.

Posés là, en plein coeur de Paris, comme le gorille de Noé Two, ils nous interpellent sur leurs avenirs et sur l’urgence qu’il y a à oeuvrer pour la Nature.

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